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 Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)

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Nataneko
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MessageSujet: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 22 Avr - 8:52

-Alors, Ojou~chan, on est perdu ?

Je regardais l’homme en fronçant les sourcils, prenant un air sur en levant le menton.

-Bien sûr que non, je sais parfaitement où je suis !

Je marchais d’un pas rapide hors de leurs vu, regardant les passants, la plupart du temps des hommes en groupes, certains était des samouraï, d’autres des personnes de haut rang où bien des paysans. Tous étaient ici avec un sourire aux lèvres, certains tendaient des bouteilles de sake en chantant, d’autres s’approchaient de femmes toutes les plus jolies dans leurs kimono aux couleurs éclatantes. Je m’arrêtais en croisant mes bras, me mordant la lèvre inférieure.

-Bon, je suis peut-être un tout petit peu perdu…

Je continuais en longeant du regard les habitations à la fois discrètes et lumineuses, un ramassement de passants m’incita à m’approcher de l’une d’elle. Je souris.

-Cela doit être la carte du quartier !

Je m’avançais vers l’attroupement d’hommes, plissant les yeux devant l’odeur forte qui leurs sont si bien attribués après une dur journée de labeur… Ils devraient plus aller dans un Onsen qu’ici… Même dans la rivière s’ils le veulent…
J’en poussai un et regardant la façade du bâtiment, fixant les jeunes femmes en trains de boire et de fumer derrière de simple barreau en bois. Les femmes riaient en jetant des regards attacheurs aux hommes, comme si le fait d’être vu leurs plaisaient.
Quelqu’un me bouscula et cria le nom de l’une d’elle qui se tourna vers nous, enlevant sa pipe des lèvres en soufflant d’un air vexé.

-Yabô !

Je levai un sourcil devant les rires des hommes, surtout sur celui qui venait de se faire traiter de rustre… Il ne se sentait pas du tout vexé apparemment, il avait de la chance, cela m’aurait mis dans une colère noir… Je pense..
Je décidai que j’en avais suffisamment vu et sortis avec difficulté du troupeau de male, je regardais le ciel orangé, la nuit allait bientôt tomber et je savais où j’étais.
Shimabara…
Je n’aurais pas dû prendre ce petit chemin qui suivait la rivière…
M’approchant d’un bâtiment, que j’espérais être un restaurant où un lieu de repos, je pénétrais dans celui-ci et tombais nez à nez avec une vieille dame qui me fixant en louchant, plissant des yeux.

-Konbawa..

-Où étais-tu passé Baka ! Je te cherche depuis une heure ! Il y a un invité au fond du couloir, va- t’en occuper !

-Baka ?

Avant que je puisse demander le pourquoi du comment, la vieille dame me prit par le bras et me tira dans une pièce, me recoiffant rapidement en un chignon étrange avec des trucs qui étaient lourds… Oui, je fais dans la grande description…

-Hum, il a déjà dû voir plus belle que toi mais tu suffiras le temps qu’on te remplace par une plus expérimentée !

Je la regardais en gonflant mes joues.

-Vous savez à qui vous parlez ?

Elle me pinça la joue avec ses ongles et je réprimais un cri de douleur…

-A une Baka qui se prend pour une fille importante ! Allez ! Quitte ton kimono !

Je voulu protester mais elle me tapa le sommet du crâne en me traitant pour la troisième fois de Baka…. Elle me revêtit un autre kimono, plus long… Me tendant un plateau remplis de sake, elle me poussa devant un porte fermé et me fit un geste en faisant « Shiii, shiii » Je la regardais avant de penchai la tête.

-Je crois que vous vous m’éprenez sur certaines choses mada..

Elle soupira et se mit à genoux, je fis de même s’en savoir exactement pourquoi… Elle ouvrit le shoji, saluant le client que je n’arrivais pas à voir car j’étais derrière elle. Elle prit le plateau de sake et le posa devant elle.

-Pardonnez là, c’est son premier jour où elle est seule. Passez une bonne soirée !

Elle se pencha, frappant presque le sol de sa tête et partie en me poussant à l’intérieur. Je me retournais instinctivement vers le shoji qui venait de se fermer..

-Il y a erreur sur la personne… Couinais-je.

Je me retournais lentement vers le fameux invité, j’allais lui expliquer la situation et il allait comprendre et me laissai gentiment partir.
Mon sourire se brisa en voyant qui il était…

-Chikage~san ! Mais que faîtes-vous ici ?

C’était étrange de le voir dans un endroit bondé de « Misérable humains »…
Je m’approchais et m’assis confortablement, le fixant de façon curieuse.
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Kazama Chikage
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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 22 Avr - 15:53

Tous ces rires gras et grossiers autant qu’insupportables me donnaient la migraine, raison qui me poussa à m’éclipser lentement derrière le shoji ouvert. J’avais besoin de calme, et ce ramassis d’incompétents m’exaspéraient un peu plus à chaque parole. Ils devraient se féliciter de se trouver en présence d’une personne de mon statut, et nul doute que l’air que je respirais se trouvait désormais entaché par leurs misérables existences.

Parvenu dans la cour intérieure, je levais les yeux vers le jour qui déclinait, avant de chercher un endroit où je pourrais boire mon saké tranquille. J’aimais beaucoup celui de cette enseigne, mais je n’étais pas enclin à le partager avec des créatures aussi pitoyables.

Je croisais une vieille femme à l’air revêche qui m’adressa un gracieux sourire. Ou du moins, un sourire qui se voulait gracieux, sur un visage au physique ravagé à défaut d’être ravageur…

-Apportez-moi du saké, ordonnais-je sans formalités.

La vieille s’inclina avec une certaine élégance, témoignage certain de son passé de geiko, puis elle disparut après m’avoir affirmé que je serais servi « tout de suite ». Nous n’avions pas la même notion de « tout de suite » visiblement.

J’attendis dans une pièce, m’asseyant avec un air las. Amagiri et Shiranui ne m’avaient pas suivi ce jour-ci. Quoique cela n’avait rien de bien étonnant, au fond. Amagiri ne venait quasiment jamais à Shimabara, et Shiranui devait certainement s’occuper de ses affaires personnelles.

Ils n’étaient pas présents, pourtant j’entendais la voix d’Amagiri dans ma tête m’assommer de conseils pompeux comme : « vous ne devez pas oublier vos obligations envers le clan Satsuma », « avez-vous entendu les rumeurs à propos de la situation politique entre tel et tel clan ? », et avant que je n’ai ouvert la bouche : « Oui vous le savez sûrement déjà. Que comptez-vous faire ? Kazama, vous m’écoutez ? ». Ah…je me faisais mes propres dialogues dans ma tête. Ces humains avaient vraiment un effet néfaste sur moi. Hmph, comme si cela pouvait être étonnant. Les humains ne savaient rien.

Je fronçais les sourcils, sentant l’agacement me gagner. Elle était partie me le chercher où ce saké ?! Pourquoi personne ne venait ?!
J’allais me lever, afin de faire part de mon mécontentement lorsque des bruits de pas peu discrets se firent entendre derrière le shoji.

-Je crois que vous vous méprenez sur certaines choses mada..

Mes yeux se plissèrent légèrement. Cette voix…

Le shoji s’ouvrit, coupant court à mes réflexions. La vieille me salua de nouveau, et j’hochais brièvement la tête, accaparé par la forme tapie derrière elle.

- Pardonnez-la, c’est son premier jour où elle est seule. Passez une bonne soirée !

Hum ? Elle introduisit une petite chose effrayée dans la pièce, alors que je retenais un soupir. Pourquoi il fallait toujours qu’on m’amène les débutantes ? La plupart de ces humaines fragiles perdaient leur moyen au bout d’un temps. A croire qu’elles étaient plus à l’aise avec les saoulards brutaux et sales. Mon silence les déroutait d’après ce que j’avais cru comprendre. Mais je ne me voyais pas leur faire la conversation. Ce n’était pas mon rôle de toute façon.

-Il y a erreur sur la personne

Je posais mon regard sur l’humaine, fatiguée à l’avance par ses pleurnicheries. Toutefois, cette voix…
Elle se retourna et je reconnus enfin ce visage, malgré la coiffure sophistiquée qu’elle arborait. Je masquais toute surprise, haussant simplement et légèrement un sourcil.

-Chikage~san ! Mais que faîtes-vous ici ?

La question était plutôt ce qu’elle faisait ici. Impertinente petite humaine.

Elle se rapprocha, tout en prenant ses aises avec un visage curieux, oubliant tout bon sens.
Je braquais mon regard sur le sien, sondant ses yeux verts qui n’avaient visiblement aucune idée de l’inconvenance de sa situation.

-Satsuma Nataneko… Tu es bien loin de chez toi.

Cette humaine avait un don inné pour se retrouver dans des situations ennuyeuses et je ne doutais pas que ce soit le cas. La retrouver à Shimabara était vraiment inattendu.
J’ignorais sa question, tendant la coupe vers elle d’un geste impérieux afin qu’elle me serve. Après tout c’était « son premier jour ». Quelle idée de se retrouver dans la peau d’une geiko…

-Dépêche-toi, c’est ton rôle de servir les clients, non ? Lançais-je sur un ton à la fois autoritaire et ironique.

Posant les yeux sur la cloison à ma gauche, je fronçais les sourcils, attendant que les bruits de pas à l’extérieur s’éloignent. Je reportais mon regard sur la fille du clan Satsuma. Ma fiancée par la même occasion…

-Si ta présence ici s’ébruite, tu risque de te retrouver dans une posture fâcheuse. Le sais-tu, au moins ?

Avait-elle oublié quel rang était le sien ? Que je sache s’il lui restait un peu de lucidité.

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Nataneko
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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 22 Avr - 17:35

-Satsuma Nataneko… Tu es bien loin de chez toi.

Moi non, j’étais à quelques rues de la maison… Enfin, un ou deux quartiers en plus…
Bon, j’étais peut-être un peu loin de chez moi mais je n’avais pas encore fait de bêtises et puis, on ne m’avait pas encore reconnue comme une Satsuma donc je n’avais pas encore réellement de problèmes je pense…

Je le regardais tendre la coupe… Ah, il avait soif, la bouteille était juste à côté ! Aez Chikage~san, un petit effort et vous pouvez l’attraper ! Juste à tendre la main !

-Dépêche-toi, c’est ton rôle de servir les clients, non ?

Je regardais la bouteille et le verre…. Non, je n’allais pas faire ça. C’était une erreur ! Toute cette histoire n’était que simple et grossière erreur !
Oh, maintenant que j’y pense, si la vraie demoiselle revient, je fais quoi ? Je m’excuse et je repars tranquille ? Euh…

-Si ta présence ici s’ébruite, tu risque de te retrouver dans une posture fâcheuse. Le sais-tu, au moins ?

Je pris la bouteille et fixai le verre en le remplissant.
Fallait faire attention à ne pas la renverser !
Je regardais le liquide remplir rapidement le verre et levai la bouteille avec un sourire : J'avais réussis sans reverser !

-Je sais tout ça, c’est juste que la vieille dame m’a attaqué et m’a poussé ici…

Les vieilles dames pouvaient être de dangereuses personnes si elles faisaient toutes ça...
Je posai la bouteille et croisai mes mains dans les manches, fixant Chikage~san dans les yeux… D’ailleurs, quels yeux ! ça m’avait toujours intrigué ! C’étaient des yeux magnifiques et assez expressifs quand même…

-Je suis pas du genre à me fourrer dans des problèmes tous plus farfelues les uns que les autres… Non, oubliez ce que je viens de dire…

J’entendis un bruit de pas dans le couloir et me mis en seiza, je soupirai de soulagement en entendant les pas disparaître….On ne venait pas me surveillait, c’était déjà ça.
J'allais resservir Chikage~san quand je m'arrêtais, posant la bouteille.

-Au fait, Chikage~san, vous ne m’avez toujours pas répondu !

Je pris la bouteille et la posai près de moi, souriant.
Je n'allais pas le laisser esquiver la question !

-Pas de réponse, pas de sake !

Oui, c’était cruel et j’étais mauvaise joueuse mais je voulais la réponse. Pourquoi il viendrait à Shimabara… Certainement pas pour le plaisir de voir des humains !

-Oh ! Vous êtes ici pour…

Je rougis et baissai le ton de ma voix, regardant à côté.
Oh, c'était quand même un quartier fait dans ce but...

-Je ne pensais pas que vous étiez comme ça…
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Kazama Chikage
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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 22 Avr - 19:11

Je portais la coupe à mes lèvres, attendant une explication sur les raisons de sa présence. Cela ne me regardait pas vraiment et je ne poserais pas de questions si elle ne disait rien, mais je me sentais intrigué malgré moi. Nataneko Satsuma n’était pas vraiment du genre à traîner dans de tels endroits. S’était-elle mise dans la tête une idée stupide comme espionner les clans qui fréquentaient les lieux.

Je jetais un regard dans sa direction. Hum, non, ce ne devait pas être ça…

-Je sais tout ça, c’est juste que la vieille dame m’a attaqué et m’a poussé ici…

Oui, les vieilles dames étaient vraiment effrayantes, de quoi faire trembler n’importe quel samouraï aguerri… C’était de l’humour bien entendu.

J’eus un léger tic moqueur, avant de soutenir son regard. Quelle ironie que de la trouver là. Juste au moment où je me rappelais de mes obligations envers le clan Satsuma. Là, je ne risquais pas d’oublier l’existence des Satsuma…

Il allait falloir que je parle de nouveau avec son père, histoire de connaître son opinion sur certains groupes, notamment le Shinsengumi. Pour l’instant, il ne semblait pas s’en mêler. Jusqu’à quand ?

-Je suis pas du genre à me fourrer dans des problèmes tous plus farfelues les uns que les autres… Non, oubliez ce que je viens de dire…

Je reportais mon attention sur l’humaine. Oui, j’allais oublier…
J’observais son expression légèrement apeurée à l’entente des bruits de pas et la façon dont elle se plaça dans une posture plus convenable. Je lâchais un soupir, me demandant combien de temps elle tiendrait sans que l’on ne s’aperçoive qu’il s’agissait d’une intruse…
Je lui tendis ma coupe, sans un mot, toutefois elle ne me servit pas. Je lui adressais un regard hautain et impérieux.

-Au fait, Chikage~san, vous ne m’avez toujours pas répondu !

Oui et c’était bien mon intention de ne pas répondre. J’allais me servir moi-même, mais je vis à regret la bouteille s’éloigner de moi. A quoi jouait cette petite humaine ?!

-Pas de réponse, pas de saké !

Je me renfrognai, prenant un air menaçant. Dire que j’étais venu jusqu’ici pour déguster tranquillement du saké, et sans être dérangés par des saoulards, et voilà qu’un nouvel obstacle se dressait sur ma route !

-Donne-moi tout de suite ce saké !

-Oh ! Vous êtes ici pour…

Non sans surprise, je constatais que ses joues se coloraient de rouge et que le volume de sa voix avait considérablement diminué. Et bien quoi ?

-Je ne pensais pas que vous étiez comme ça…

J’haussais un sourcil, voyant où elle voulait en venir. Elle n’avait pas beaucoup d’autres raisons de rougir ainsi, à part celle là…
Je lâchais un soupir excédé.

-Je ne vois pas pourquoi je devrais te donner les raisons de ma venue ici.

Je me rapprochais d’elle, me penchant légèrement vers l’avant avec un sourire sarcastique.

-Dois-je comprendre par ta présence que tu vas t’occuper de moi ?

Je profitais du moment d’inattention pour attraper la bouteille posée derrière elle, retournant m’asseoir dans ma position initiale. Je me servais tout en ricanant, portant la coupe à mes lèvres. Ce saké était vraiment délicieux. Cela aurait été du gâchis que le boire entouré des imbéciles d’humains qui pullulaient dans les nombreuses autres pièces. Je ne méritais pas cela. Et le saké non plus.

-Plus sérieusement, que comptes-tu faire ? Si quelqu’un vient, il finira par comprendre que tu n’es pas une geiko.

Je posais la bouteille, finissant ma coupe, le regard dans le vague. Et moi qu'allais-je faire ? Prétendre retourner chez les Satsuma ou y aller vraiment ? Je ne pouvais pas éviter éternellement les alliances stratégiques, car après tout j'utilisais bien leur nom. J'avais besoin d'eux pour restaurer les privilèges des Onis.

-Se retrouver dans une situation pareille… Tu n'en rate pas une.

Je tendis ma coupe, levant les yeux vers elle. Non, elle ne tiendrait pas longtemps avant qu'on ne la suspecte. Elle ne se tenait pas comme une geiko et ne parlait pas non plus comme une geiko. Un saoulard n'y ferait pas attention, mais quelqu'un d'autre le pourrait.

-Tu lambine, geiko-san.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Mer 24 Avr - 9:29

-Je ne vois pas pourquoi je devrais te donner les raisons de ma venue ici.

Je le regardais s’approcher en retenant mon souffle, fronçant les sourcils… Je n’aimais pas ce sourire !

-Dois-je comprendre par ta présence que tu vas t’occuper de moi ?

Je levai un sourcil en me demandant comment je devais m’occuper de lui avant de me rendre compte qu’il avait la bouteille… J’étais nul pour garder les objets loin des autres… Au moins, c’était une bouteille, pas une missive d’extrême urgence ou je ne sais quoi…

Mais quand même, j’avais perdu la bouteille… Et il se servait tout seul, il n’avait pas besoin de moi depuis le début alors pourquoi je restais là !?!
Et j’avais soif… Je voulais du sake aussi !

-Plus sérieusement, que comptes-tu faire ? Si quelqu’un vient, il finira par comprendre que tu n’es pas une geiko.

Je regardais la bouteille qui pouvait être à ma portée si je faisais une attaque rapide.
Et ben, je m’excuserais et je partirai après m’être changé…Je ne pouvais pas faire mieux que ça…

Fuir peut-être ? Mais je ne pensais pas que j’irais bien loin avec des vêtements comme ça…Je tomberais dès le premier pas… C’était trop long, ou je n’étais pas assez doué en matière de course avec kimono long… Mais je savais par où passer pour rentrer à la maison ! C’était déjà ça… Oui, déjà ça..

-Se retrouver dans une situation pareille… Tu n'en rate pas une.

Je gonflais mes joues.
C’était la première fois que j’en arrivai à cette extrémité… Et il y avait pire je pense ! Certes, moins pire que ça mais il y avait parfois des situations plus étranges dont je n’étais pas la cause…

Et là ce n’était pas non plus ma faute, je m’étais juste trompé d’établissement en croyant qu’ils pourraient servir de la nourriture ici..
Je le regardais tendre sa coupe et fixai la bouteille… Quand même… Pourquoi moi ?

-Tu lambine, geiko-san.

Je levai un sourcil avant de prendre la bouteille et de verser dans le verre d’un air professionnel. Autant m’amuser à jouer le jeu si j’étais ici. Et puis, ça ne devait pas être si compliqué que ça…Je pense. D’abord, façon de parler…

Elle parlait comment, en soutenue ? Après tout, c’était un client. Je posai la bouteille et posai mes mains sur le sol, me baissant pour m’excuser…

-Pardonnez mon impolitesse, Chikage~san.

Si Otâsama me voyait, il me tuerait pour me mettre comme ça.
Je me relevais et formais un sourire amusé sur mon visage, même si intérieurement c’était le grand vide…
Il fallait que je fasse quoi ? Il allait commençait à s’ennuyer si je ne disais rien… Ah ! Un jeu !

-Chikage~san, souhaiteriez-vous jouer à un jeu ? Ou alors vous préféreriez continuer à parler ?

Enfin, j’avais dit ça mais s’il voulait dormir et vaquer à ses occupations d’Oni… C’était comme il voulait. Il pouvait partir aussi, ça me laisserait le champ libre pour m’enfuir en toute discrétion ! Oui, j’étais la discrétion incarnée !

-Peut-être une balade... Ah, non, pas le droit je suppose..

Je soupirai en fixant la bouteille...pourquoi il n'y avait pas deux coupes ? Et moi alors, je pouvais mourir de soif ? Je me rassis correctement et fixai Chikage en mettant es mains sur mes hanches, riant légèrement.

-Avouez que ce rôle de Geiko me va parfaitement !

Je remis une mèche en arrière et me mis à prendre un air hautain à la Kazama !

-Je suis une parfaite Geiko ! Je devrais changer de vie sociale !

Je retournais mon regard vers la porte, souriant en remettant ma coiffe en place...Il y avait cette mèche de cheveux qui m'énervait ! C'était toujours la même en plus ! Elle était destiné à m'énerver... Par les Kamis ! La voilà qui se mettait à boucler en plus. Je reportais mon regard vers celui carmin...

-Je suis sûre que je ferrais fureur chez les autres clients !
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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Mer 24 Avr - 19:24

Je la regardais verser le saké dans la coupe, remarquant qu’elle semblait prendre cela comme un jeu. Si son père la découvrait comme cela, elle s’amuserait nettement moins. Une fille de chef de clan qui traînait à Shimabara vêtue comme une geiko, cela pouvait nuire à la réputation du clan.

Un sourire étira mes lèvres. Voilà une information qui pourrait m’être utile…

En toute modestie, j’avais un don incomparable pour toujours me trouver au bon endroit. N’y voyais-je pas là un signe de ma supériorité naturelle ? Probablement.
Satsuma Nataneko se baissa en signe d’excuse.

-Pardonnez mon impolitesse, Chikage~san.

-Ta tête ne touche pas assez le sol, rétorquais-je avant de porter la coupe à mes lèvres.

Je laissais quelques minutes s’écouler en silence, savourant simplement le liquide sur mon palais. Ah le calme et la plénitude ! Cela me changeait un peu. Pas de Satsuma à suivre dans des missions, pas de blagues idiotes de Shiranui et pas d’énième recommandation d’Amagiri… La paix en somme ! Je n’exagérais rien en affirmant que je l’avais bien mérité ce moment de silence et de...

-Chikage~san, souhaiteriez-vous jouer à un jeu ? Ou alors vous préféreriez continuer à parler ?

Je fronçais les sourcils, l’air renfrogné. Jouer à un jeu ? Je me demandais quel jeu idiot elle allait me proposer… Et puis je ne parlais pas. C’est elle qui s’amusait à se prendre pour une geiko.

-Peut-être une balade... Ah, non, pas le droit je suppose..

Amagiri me dirait certainement de garder mon calme et de bien me conduire puisque l’humaine en face de moi se trouvait être ma fiancée. « Soyez obligeant avec elle » avait-il dit lorsque ces fiançailles avaient été décidées. Obligeant, obligeant…

-Avouez que ce rôle de Geiko me va parfaitement !

Mais qu’est-ce que c’était que cet air supérieur qui ne lui allait pas du tout ?

-Je suis une parfaite Geiko ! Je devrais changer de vie sociale !

… Devais-je vraiment me pencher sur ce commentaire ? N’importe quel geiko de Shimabara souhaiterait être à sa place.

-Je suis sûre que je ferrais fureur chez les autres clients !

Qu’elle les mettrait en fureur, elle voulait dire…

Je soutins son regard, un sourire sardonique fleurissant sur mes lèvres.

-Soit, Satsuma Nataneko.

Je croisais les bras, toisant la jeune humaine. Si elle pensait réellement ce qu’elle venait de dire, je ne l’empêcherais pas de commettre sa bêtise. Toutefois, je trouvais amusant de lui exposer certains faits en guettant sa réaction, ce que je fis d’une voix lente, afin qu’elle saisisse bien chaque aspect de sa situation :

-Sais-tu jouer du shamisen ? Chanter ? Danser ? Peux-tu tenir toute une soirée en conversant à la manière des geiko, sachant qu’elles apprennent tout cela dès leur plus jeune âge ?

Je bus une gorgée de saké, les yeux toujours rivés dans ceux de mon interlocutrice si naïve. L’innocence même dans un sens.

-Si un client ivre commence à être un peu trop pressant envers toi, comment réagiras-tu ?

Ce genre de choses arrivait parfois. Il suffisait qu’un de ces imbéciles ait bu trop de saké pour que cela lui tourne la tête. De nombreuses bagarres étaient déclenchées à cause de leur inaptitude à résister à l’alcool.

Ah j’entendais déjà Amagiri froncer les sourcils –une manière de dire qu’il était offusqué. « Obligeant, soyez obligeant, Kazama ! ». Il dirait certainement cela…
Observant le visage de Satsuma Nataneko, je me fis la réflexion que mon identité poserait éventuellement problème par la suite, si ces fiançailles se maintenaient. Elle ne savait certainement pas que j’étais un Oni. D’ailleurs, comment pourrait-elle le savoir ? Personne parmi le clan Satsuma n’était au courant, puisque nous autres démons étions obligés de garder secrète notre véritable nature. Une situation complexe. Ah ce genre de problèmes était vraiment fatiguant !

Plusieurs minutes s’écoulèrent dans le silence. On entendait seulement la musique provenant des pièces voisines et les acclamations enthousiastes – trop enthousiastes- des clients.

-Bon, pendant que tu t'apprête à "faire fureur", comment vais-je annoncer à ton père, tout à l’heure, que je t’ai trouvé à Shimabara, déguisée en geiko ? Une idée ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Jeu 25 Avr - 14:43

-Soit, Satsuma Nataneko.

Je le regardais, lui et son air « Je vais détruire ton assurance que tu commences à avoir et je vais rire en buvant mon sake parfait comme moi !» Bon, la fin peut-être pas mais il y avait de ça je pense… Oui, l’air de Chilage~san avait beaucoup de détail, parfois il prenait un air à la « Je suis le roi et personne ne pourra me contredire » ou bien « Si vous étiez des insectes, je vous marcherais dessus et je m’essayerais sur un tapis fait en tigre blanc »… bref…

-Sais-tu jouer du shamisen ? Chanter ? Danser ? Peux-tu tenir toute une soirée en conversant à la manière des geiko, sachant qu’elles apprennent tout cela dès leur plus jeune âge ?

Ho ! Mais il ne savait vraiment pas s’amuser ce Chikage~san !
Biens sur que je savais que je ne pourrais jamais être une geiko digne de ce nom ! Mais j’avoue que j’étais jalouse d’elles, elles étaient si belle et si délicate, elles portaient bien leurs noms. C’étaient des femmes des arts et elles le pratiquaient avec excellence.

-Si un client ivre commence à être un peu trop pressant envers toi, comment réagiras-tu ?

Ah, ça par contre, tout le monde pouvait le faire, un coup là où il faut… Bon, ce n’était pas trop digne en sachant que la personne était ivre mais.. C’était efficace !

Je m’attendais à d’autres questions mais il semblait plongé dans ses pensées, je tournais mon regard vers le mur, écoutant la musique, le shamisen était un incroyable instrument, j’adorais le son qu’il créait et quand il était manipulé et joué par une personne doué, le résultat était encore plus beau. J’imaginais déjà les jeunes femmes dansaient aux sons des cordes, pincés par une main délicate et sure d’elle. Ah, ça devait être si beau à voir…

-Bon, pendant que tu t'apprête à "faire fureur", comment vais-je annoncer à ton père, tout à l’heure, que je t’ai trouvé à Shimabara, déguisée en geiko ? Une idée ?

Je me figeai sur place, mon sourire se brisa instantanément. Je me tournais vers Chikage~san, le fixant…

-Vous n’allez tout de même pas le déranger pour ça voyons ! Et puis, pourquoi vous voudriez le voir maintenant ?

Je fronçais les sourcils en le fixant.

-Je sais pas si il vous croirait d’ailleurs, il me croit dans ma chambre.

Mon sourire revint et je tendis la bouteille.

-J'irais faire fureur après, d'abord, je veux profiter de la vue !

Je fixai la coupe qui se remplissait avant d’enlever la bouteille. Je me levai et m’approchai de la fenêtre, poussant les pan en papier et regardant la rue qui commençait à s’animer, la nuit s’approchait de plus en plus et des lampions et torches étaient déjà accrochés un peu partout, éclairant les passants et les jeunes femmes.

Des stands s’animaient, chose assez surprenante, des acteurs commençaient déjà leurs discours sous les rires ou les commentaires des spectateurs. C’était amusant de voir tout ce petit monde regroupé dans un seul quartier !

-Enfin, cela dépend si vous voulez rester avec moi et me permettre d’avoir votre Honorable présence encore à mes côtés ou si vous êtes trop fatigué.

Je m’appuyais sur la fenêtre, posant ma tête sur ma main en fixant un homme faire la cour à une geiko…Amusant mais sans espoir.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Ven 26 Avr - 9:38

-Vous n’allez tout de même pas le déranger pour ça voyons ! Et puis, pourquoi vous voudriez le voir maintenant ?

Parce que j’avais des… obligations.

-Ce n’est rien qui concerne une petite fille comme toi.

Je ne parlais jamais politique avec Satsuma Nataneko. De toute façon, je ne pensais pas que cela l’intéressait.

-Je sais pas si il vous croirait d’ailleurs, il me croit dans ma chambre.

J’haussais les sourcils. Elle était bête ou quoi ? Si je révélais la vérité à son père, il enverrait quelqu’un la chercher afin de confirmer mes propos. Et lorsque la personne reviendrait bredouille, que devrait-il en conclure ?

-J'irais faire fureur après, d'abord, je veux profiter de la vue !

Je soupirais, la laissant ouvrir le shoji. Quelle plaie cette gamine ! Maintenant que je savais qu’elle se trouvait ici, je n’avais d’autre choix que de la surveiller !
…La surveiller ? Ce n’était pas mon rôle après tout. Je pouvais très bien fermer les yeux et s’il lui arrivait quelque chose, personne ne pourrait m’en imputer la faute. Son père n’avait qu’à mieux la surveiller, et ses gardes aussi. Quelle bande d’incompétents ! Ne pas pouvoir surveiller une jeune fille ! Les Satsuma venaient de perdre en crédibilité tout d’un coup…

-Enfin, cela dépend si vous voulez rester avec moi et me permettre d’avoir votre Honorable présence encore à mes côtés ou si vous êtes trop fatigué.

Cela faisait plusieurs fois qu’elle sous-entendait que je voudrais dormir. Je fronçais les sourcils avec un tic agacé, déclarant d’une voix hautaine :

-Je ne suis pas « trop fatigué », je cherche juste à boire mon saké tranquille.

Un sourire finit tout de même par étirer mes lèvres, tandis que je posais la coupe sur le plateau. Me levant, je fis quelques pas afin de regarder à mon tour ce qui se passait dehors, l’air complètement désabusé. Il y avait beaucoup de bruit. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Tournant mon regard vers Satsuma Nataneko, je constatais que sa réaction face à ce spectacle d’humains était bien différente de la mienne. Elle semblait au contraire s’amuser à les observer. Comment faisait-elle ? Les humains étaient incompréhensibles.

-Ça m’a l’air d’être important pour toi de jouer un autre rôle…, lançais-je doucement.

J’avais lâché ça comme ça, instinctivement, car c’était l’impression qu’elle me donnait. Comme si jouer ce rôle lui permettait de sortir d’un ennui ou d’autre chose.
Je me ressaisis aussitôt, me détournant d’un air hautain, afin de revenir au centre de la pièce.

-Si tu veux bénéficier encore de mon honorable présence, divertis-moi. Tu m’as proposé de jouer un jeu tout à l’heure ; j’en connais un fort amusant : si tu parviens à donner l’illusion que tu es une véritable geiko, j’ « oublierais » que je t’ai vu à Shimabara, et ton père n’en saura rien. Qu’en dis-tu ?

Mes idées étaient toujours excellentes de toute façon. Il n’y avait pas à contredire ce fait.


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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Ven 26 Avr - 16:51

-Je ne suis pas « trop fatigué », je cherche juste à boire mon saké tranquille.

Je ris en fixant toujours la rue, regardant avec intention une représentation de la déesse Amaterasu, habillé du kimono blanc à la doublure rouge, je regardais l’homme derrière son masque, c’était un fabuleux acteur apparemment !

Il allait se cacher derrière un paravent où une pierre était peinte dessus, cela représentait surement le moment où la déesse s’en va se cacher de honte dans une grotte, bloquant l’entrée avec une pierre si lourde que personne à part elle peut la déplacer. Je regardais un autre acteur arriver, habillait d’un kimono, représentait-il la déesse dansant devant la grotte pour éblouir les autres kamis et ainsi faire sortir Amaterasu qui était curieuse de savoir qui c’était ?

-Ça m’a l’air d’être important pour toi de jouer un autre rôle…

Je sursautai et me retournais, fixant Chikage~san qui avait repris un air à la Chikage~san… oui, il a un air qui lui correspond très bien, l’air hautain..
Cependant, son commentaire me laissait perplexe. Et puis, pourquoi s’éloignait-il ? N’était-ce pas amusant de voir une représentation ? C’était si rare d’en trouver dans les rues normales, n’aimait-il pas que l’on parle des kamis ?

-Si tu veux bénéficier encore de mon honorable présence, divertis-moi. Tu m’as proposé de jouer un jeu tout à l’heure ; j’en connais un fort amusant : si tu parviens à donner l’illusion que tu es une véritable geiko, j’ « oublierais » que je t’ai vu à Shimabara, et ton père n’en saura rien. Qu’en dis-tu ?

-Ce n’est pas un jeu… Et puis d’abord… ah, attendez !

Je m’appuyais dos à la fenêtre avant de me surélever et de m’assoir contre le rebord, balançant mes pieds au-dessus des tatamis. Ca faisait mal d’être trop longtemps en seiza mais c’était fatiguant d’être trop longtemps debout…ou était le juste milieu ?

-Vous ne semblez pas aimer l’ambiance qu’il y a dehors, qu’est-ce que les hommes vous ont-ils fait pour que vous soyez comme cela ? Ne voyez-vous que du mal en regardant un homme de votre propre espèce ?

Des rires se firent entendre et je tournais la tête vers l’extérieur, regardant un homme en masque grimaçant, courant dans la rue en criant et se trémoussant comme un singe, je me mis à rire en le voyant se prendre un coup d’ombrelle par une femme en kimono vert.

-Bon, j'avoue que certains sont parfois étrange mais ce n'est pas le cas pour tous...Je pense

Je me retournais et fixai l’homme au milieu de la salle.

-Ou alors vous voyez le mal partout autour de vous ? Auriez-vous eu une mauvaise aventure étant enfant ?

Je croisai mes bras et appuyais mon épaule contre la fenêtre, le fixant avec un sourire.

-Vous ne voulez pas me raconter ? J’ai toute la soirée devant moi ne vous inquiétez pas !

Et au moins, je n’avais pas à jouer la Geiko.

-Nous avons tous un rôle à jouer, et ce soir, le mien et de vous écouter. Et puis, c’est beaucoup plus amusant que de dormir.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Sam 27 Avr - 12:33

-Ce n’est pas un jeu… Et puis d’abord… ah, attendez !

C’était moi qui décidais ce qui était un jeu ou non. Il n’y avait pas de contestation possible.

Je l’observais s’asseoir sur le rebord de la fenêtre. Bon, elle avait déjà perdu. Je comprenais pourquoi elle ne voulait pas jouer… Si elle basculait dans le vide, il ne faudrait pas pleurer après.

-Vous ne semblez pas aimer l’ambiance qu’il y a dehors, qu’est-ce que les hommes vous ont-ils fait pour que vous soyez comme cela ? Ne voyez-vous que du mal en regardant un homme de votre propre espèce ?

Je me figeais, ma main se crispant autour de la coupe que je tenais. Venait-elle vraiment de dire « de votre propre espèce » ?

Une vague de fureur se déversa en moi, tandis que mes yeux fixaient les tatamis comme si j’allais les transpercer par un simple regard. Je devais rester calme.

-Bon, j'avoue que certains sont parfois étranges mais ce n'est pas le cas pour tous...Je pense.

Etrange ? Etait-ce sa définition de cette espèce inférieure ?! Ils étaient bien pire qu’étranges, ces maudits parasites d’humains !

Je sentis son regard se poser sur moi, mais je gardais les yeux rivés vers le bas. Elle me fit explicitement comprendre que je voyais le mal partout, me demandant avec une curiosité mal placée si j’avais connu une mésaventure dans mon enfance.

-Vous ne voulez pas me raconter ? J’ai toute la soirée devant moi ne vous inquiétez pas !

Avais-je l'air inquiet, franchement ?! Je voyais mal pourquoi je lui confierais quoi que ce soit sur mon enfance ou sur autre chose. Que pouvait-elle comprendre de toute façon ? Elle devait être comme tous ces autres humains. Une fois qu’ils savaient quelle nature était la nôtre, il ne voyait plus que par ça. Notre race était bien trop supérieur, et ce pas bien des égards, pour qu’il puisse nous juger correctement.

-Nous avons tous un rôle à jouer, et ce soir, le mien est de vous écouter. Et puis, c’est beaucoup plus amusant que de dormir.

Mon regard glissa vers elle, armé d’une froideur implacable et soudaine. Durant un court instant, je me surpris à éprouver une vive rancœur à l’égard de Satsuma Nataneko pour m’avoir adressé ces paroles.

-Ne dis plus jamais que ces êtres inférieurs sont mes semblables.

Je n’avais pas élevé la voix, pourtant mon ton, mon air se chargèrent d’électricité, tel un orage prêt à éclater. Sombres et menaçants, les mots étaient sortis de l’une des zones les plus obscures de mon âme.

Elle ne savait pas. Elle ne savait rien à propos de moi. Et elle vous fixait de ses yeux candides avec la plus grande innocence. Ces mots qui franchissaient ses lèvres n’étaient pas destinés à vous blesser, mais pourtant vous ne pouviez vous empêcher de sentir ses aiguilles vous transpercer.

-Que veux-tu savoir ? Demandais-je d’un ton apaisé mais encore dur. J’ai été élevé dans la pure tradition du clan Kazama et il est de mon devoir d’honorer ce nom. Un nom qui jadis a fait trembler les terres de l’Ouest et répand encore la crainte chez ceux qui se souviennent.

Je serrais si fort la coupe dans ma main -ne mesurant plus ma force- qu’elle explosa entre mes doigts. Heureusement que j’avais fini le saké à l’intérieur, sinon cela aurait été un cruel gâchis.

Mon père avait toujours été strict envers moi. Et à dessein, je ne m’en plaignais pas. C’était ainsi ; je devais devenir l’héritier du clan. Aujourd’hui, j’étais le dernier représentant d’une longue lignée démoniaque. Ma famille, désormais, c’était les Onis dans leur intégralité. Hum… Sauf Yukimura Koudou, cela allait de soi. Je ne voulais rien avoir à faire avec cet individu misérable et pathétique. Penser qu’il appartenait à notre race me donnait assez de migraine comme cela.

J’entrouvris les lèvres, laissant échapper la réponse à l’une des questions que la fille du clan Satsuma m’avait posé :

-Ils ont décimé les miens. Il n’y a rien d’autre à savoir.

C’était la première fois que j’abordais la raison véritable de ma rancœur envers les humains. J’avais pour habitude de me restreindre à « ils sont faibles et pitoyables ». J’omettais volontairement le fait que les humains avaient tué un grand nombre des nôtres. Parce que nous étions différents. Parce que notre nom renfermait notre essence même. Parce que nous étions des démons.

Je lui désignais la coupe brisé sur le sol.

-Apporte-moi une autre coupe, ordonnais-je. Ce sera « plus amusant que de dormir ».

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Dim 28 Avr - 9:58

Il leva enfin ses yeux et je me figeais sur place, sentant un frisson me parcourir lentement le dos.

-Ne dis plus jamais que ces êtres inférieurs sont mes semblables.

Je déglutis difficilement devant ce changement soudain d’atmosphère, même les rires et les cris dehors semblaient disparaître devant le regard et le ton que venait d’utiliser Chikage~san.

J’entendis vaguement un tambour frappait lentement puis de plus en plus fort jusqu’à me faire trembler mon être entier. Ce n’était pas un tambour mais mon cœur qui s’affolait…. Je devais me calmer, avoir peur n’allait pas arranger les choses. Cependant que voulait signifier les paroles de Chikage~san ?

-Que veux-tu savoir ? J’ai été élevé dans la pure tradition du clan Kazama et il est de mon devoir d’honorer ce nom. Un nom qui jadis a fait trembler les terres de l’Ouest et répand encore la crainte chez ceux qui se souviennent.

J’entendis le craquement que fis la coupe et sursautai avant de fixer ce qu’il restait de la coupe…

Le clan Kazama, je n’en avais entendu que ce que l’on voulait bien me dire, un clan puissant aux alliés redoutables… Et cela n’était pas euphémisme vu la façon dont venait de le dire Chikage~san, mais pourquoi représenter la crainte ? Son clan avait-il participé à une guerre ? Je n’en avais pas mémoire d’avoir trouvé leur nom dans les livres d’histoires… Aurais-je été écarté de certains détails ?

-Ils ont décimé les miens. Il n’y a rien d’autre à savoir.

Je levai mon regard vers Chikage~san, le fixant avec surprise avant de détourner le regard. Je voulus parler mais rien ne sortis, je n’avais rien à dire pour répondre à ça. Il n’y avait aucune réponse qui se formait devant moi, je ne pouvais que baissai le regard.

Il désigna la coupe et je levai mon regard vers celle-ci.

-Apporte-moi une autre coupe. Ce sera « plus amusant que de dormir ».

Je m’enlevais de mon siège de fortune et m’approchais des débris, me mettant à genoux devant eux, j’entrepris la tâche de les ramasser silencieusement. Dehors, le bruit avait repris, ce qui me rassurait un peu. Je me relevais et le regardais du peu de hauteur que je possédais.

-Pardon Chikage~san, je n’aurais pas dû vous parler comme ça.

Je m’inclinais avant de m’approchais de la porte, une fois dans le couloir, je regardais mes mains qui tremblaient, faisant tinter les morceaux de coupe. J’avais l’air bien comme ça ! Je parcourais le couloir en cherchant la vieille dame ou bien une autre femme…j’étais un peu perdu là… Je m’arrêtais devant une fenêtre et fixai l’extérieur, la représentation d’Amaterasu était en train de se finir, la déesse décidait de sortir de sa grotte, remettant le soleil sur terre et promettant de ne plus faire cela. Certaines histoires avaient des fins joyeuses, d’autres étaient moralisatrices et parfois d’autres se finissaient mal… Chikage~san…

-Oh, tu traine encore ! Et ton client ? Il doit s’ennuyer à mourir ! Tu vas me faire perdre de l’argent Baka !

Je sursautai et me retournais, fixant la dame avec une expression mi-rassurée mi-vexée.

-Vous pourriez arrêter de me traiter d’idiote dès qu’on se croise ?

Elle sortit de sa manche un éventail et me le nez avec. Je reculai en me massant le pauvre petit os qui se trouvait là et qui était en train de souffrir. Elle fixa les morceaux dans ma main gauche et une ride apparut sur son front quand elle me fronça les sourcils… Enfin, une ride en plus…

-Tu es tellement idiote que tu l’as cassé ! Ça ne m’étonne même pas !

J’ouvris la bouche et la refermait en tendant les morceaux.

-Je peux en avoir une autre ?

Elle prit les morceaux en me faisant signe d’attendre ici, j’hochai la tête avant de me retournais vers la fenêtre, m’appuyant à celle-ci en fixant la foule dehors. Ah, j’ai peur d’y retournais maintenant qu’il était énervé... Mes yeux se baladèrent le long des passants, jusqu’à que j’entende le bruit de pas, je me retournais et fixai la vieille dame avec son plateau, je soupirai un merci avant de prendre le plateau et de m’avancer de nouveau vers le couloir.

-Si il est en contrarié, montre un bout de son épaule et tout ira bien !

Je me retournais et la fixai en levant un sourcil avant de déclarer de façon agacée.

-Jamais ! J’ai une certaine fierté quand même !

Elle se mit à rire en me faisant signe de partir, je souris en me dirigeant vers le shoji, je l’ouvris et glissai ma tête avant de fixer Chikage~san.

-Livraison de sake et d’une nouvelle coupe~

J’entrais et refermais derrière moi, m’approchant doucement avant de poser le plateau et de servir la coupe, je la tendis en souriant.

-Essayez de ne pas la casser s’il vous plait.

Je fixai le plateau avant de me rendre compte qu’il y avait des bâtonnets de dango, j’en pris un et commençais à le grignoter.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 29 Avr - 16:30

Je fixais ses mains blanches qui avaient entrepris de ramasser les débris sur les tatamis. Je n’aurais peut-être pas dû évoquer tout ça, bien que ce fût de façon brève. Un peu plus et mon identité de démon serait révélée. Je devais faire attention à cette gamine…

-Pardon Chikage~san, je n’aurais pas dû vous parler comme ça.

C’était bien le moment d’être désolée, petite fouineuse naïve et inconsciente ! Mon regard s’attarda sur ses doigts fins, remarquant le léger tremblotement qui les animait. Je lui avais peut-être fait peur. Amagiri me passerait un savon s’il en avait vent. On était loin du caractère obligeant que je devais avoir. Je ne l’avais pas fait sciemment. Ces mots m’avaient juste mis en colère. Mais je ne dirigeais pas cette colère contre elle, malgré la situation qui pouvait le faire croire.

La fille du clan Satsuma s’éclipsa et je me retrouvais seul dans la pièce.

J’aurais pu lui dire ce que je venais de penser à l’instant, histoire de ne pas la blesser, mais les mots étaient restés coincés dans ma bouche. J’avais du mal à être gentil avec les humains. Et j’éprouvais encore plus de difficultés à être sincère avec eux, sauf quand je les traitais de misérables créatures.

Décidément, cette fille avait le don pour me mettre dans des situations embarrassantes ! Si mes propos étaient restés discrets quant à mon identité, j’avais bien failli laisser passer plus d’indices qu’il n’en était permis ! Pourtant, en y réfléchissant bien, il faudrait peut-être qu’un jour elle sache la vérité.

… Ou pas. Elle pouvait très bien ne jamais rien savoir. Ce problème semi-épineux me donnait la migraine. Etais-je venu pour avoir la migraine, hm ? Non ! J’étais venu me détendre ! Et voilà que j’étais tout sauf détendu…

Elle revint à cet instant précis et je pus constater qu’elle n’avait pas l’air trop perturbée. Finalement, je n’avais pas besoin de prendre des pincettes, et tant mieux ! « Obligeant ! Obligeant, Kazama ! ». Silence ! Pourquoi entendais-je toujours ces paroles dans ces moments là ? Cela devenait presque effrayant à force.

-Livraison de sake et d’une nouvelle coupe~

-Hmph ! Tu en as mis du temps…

J’observais son sourire, tandis qu’elle me servait une nouvelle coupe. Cette fille était dangereuse. Très dangereuse. Elle créait tout un tas de situations dangereuses autour d’elle. Tout était dangereux chez elle. Ces paroles candides et son air de ne pas y toucher, ce visage innocent et bienveillant. Comment pouvait-on soupçonner un être aussi souriant ? Tout ça était extrêmement dangereux. Je devais me méfier. Oui, excellente idée. Comme toujours. Je n’avais jamais de mauvaises idées.
-Essayez de ne pas la casser s’il vous plait.

Même ses réactions étaient dangereuses. Que pouvais-je bien dire après cela ? Je ne savais pas communiquer avec les humains autrement qu’à coup de sabre ou de sarcasme. Et généralement je combinais les deux.

Je saisis la coupe qu’elle me tendit, observant ses yeux verts d’un air suspicieux.

-Tu es très dangereuse, lançais-je, pensif.

Je commençais à peine à boire le saké que des bruits de pas retentirent, précédés de voix féminines.

-Oui, il m’a même invité à venir voir un combat de sumo ! Comme si je pouvais accepter !

-Oh ! Les sumos de Kyoto perdent tous leurs combats en ce moment ! J’ai entendu dire qu’ils étaient comme vidés de toute énergie !

Je faillis m’étrangler avec le saké en entendant ces paroles. Reposant la coupe, tandis que les bruits de pas disparaissaient, je toussotais un moment avant de reprendre contenance.

Non, je devais oublier cet épisode dramatique de l’histoire. Namikaze Natsume faisait certainement de même en ce moment…
Je me tournais de nouveau vers Satsuma Nataneko.

-Tu as raison sur un point : nous avons tous un rôle à jouer. Et si tu me parlais de toi pour changer ? Tu semble prendre la défense de tous ces êtres insignifiants, je me demande bien pourquoi.

Je bus une gorgée, veillant à ce qu’aucune conversation derrière le shoji ne vienne à nouveau tenter de me tuer.

-Je t’écoute, geiko-san.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Dim 5 Mai - 18:21


-Tu es très dangereuse.

Je levai un sourcil, en quoi j’étais dangereuse ? Avais-je fait un quelconque geste pouvant faire penser à une attaque ?
Et même si j’avais fait ça, ce n’était pas Chikage~san qui serrait effrayé par une de mes attaques, aussi dangereuses et puissantes qu’elles pourraient être…
Des bruits de pas se firent entendre et je tournais la tête vers le mur.

-Oui, il m’a même invité à venir voir un combat de sumo ! Comme si je pouvais accepter !

Sumo ? J’adorais les combats de sumo ! Je me tournais vers Chikage~san, allant lui demander si ça lui plairait d’aller observer un combat de sumo un jour.

-Oh ! Les sumos de Kyoto perdent tous leurs combats en ce moment ! J’ai entendu dire qu’ils étaient comme vidés de toute énergie !

Je fixai Chikage~san, le grand et honorable Kazama Chikage s’étouffer… était-ce possible ? Je le regardais avec la plus grande attention tousser en retenant un rire… non, je n’allais pas me moquer quand même, je n’étais pas comme ça !

Il se tourna vers moi et je fis comme si je n’avais rien vu…

Chikage~san serait-il traumatisé par les sumos ? Pour quelle raison ? Je ne pensais pas que c’était par ce qu’il craignait les combats, il était plus du genre à en faire et apprécier la vue de combat…

-Tu as raison sur un point : nous avons tous un rôle à jouer. Et si tu me parlais de toi pour changer ? Tu semble prendre la défense de tous ces êtres insignifiants, je me demande bien pourquoi.

Ah… La voilà la fameuse question difficile à répondre… Je pouvais peut-être essayer de détourner la conversation…

-Je t’écoute, geiko-san.

Je fixai Chikage~san avant de baisser la tête et de mordiller mes dangos.

-Bonne question…

Je croquai dans l’un d’eux et le couper en deux, fixant le bâtonnet, plus que deux survivants plus celui coupé en deux… Qui allait souffrir après ? Je fis tourner la brochette et la fixai d’un air très sérieux. Il fallait que je donne une réponse où il allait encore me gronder…

-Peut-être par ce que je suis moi aussi un être insignifiant ou alors juste que je dois appartenir dans un groupe et que je dois prendre la défense de celui-ci pour ne pas être mise à l’écart et être seule.

Je ris en croquant dans un dango, fixant les yeux carmin devant moi avant de pointer le bout de la brochette vers lui.

- Et vu que je ne peux pas faire partie du votre car je ne suis pas assez… Comme vous, je vais dans l’autre… N’y voyez rien de blessant dans cette remarque s’il vous plait.

Je mordis dans le dernier dango avant de poser la brochette dans le plateau. Ça faisait du bien de manger ! Je resservis l’honorable blondinet de son sake qu’il voulait depuis longtemps et croisai ensuite les bras.

-Et pour tout vous dire, je n’ai absolument rien à dire sur moi…A part que j’aime les combats de sumo ! Ça vous direz d’en voir un ensemble ? Un jour où vous êtes libre bien entendu… Je sais que vous êtes un homme très occupé.

Je souris en le fixant. Alors, je savais très bien changer de sujet, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 24 Juin - 16:19

-Bonne question…

-Hmph, évidemment. Je pose toujours des bonnes questions.

En tout cas, une chose était certaine : elle n’était pas pressée de me répondre. Je soupirais, fixant le shoji d’un regard distant. Ces moments là étaient assez rares. Comme si le temps s’arrêtait un bref instant. Il ne se passait absolument rien. Dans ces moments là, je me sentais vide.

-Peut-être parce que je suis moi aussi un être insignifiant ou alors juste que je dois appartenir dans un groupe et que je dois prendre la défense de celui-ci pour ne pas être mise à l’écart et être seule.

Je détournais le regard, ces mots me percutant bien plus que la réponse banale à laquelle je m’attendais. N’était-ce pas ce que je tentais de faire avec ceux de ma race ? Nous réunir sous le même étendard pour ne plus être persécutés…

J’écarquillais légèrement les yeux en voyant la brochette qu’elle pointait sur moi. C’était très malpoli de désigner les gens ainsi, moi plus encore que tous les autres.

- Et vu que je ne peux pas faire partie du vôtre car je ne suis pas assez… Comme vous, je vais dans l’autre… N’y voyez rien de blessant dans cette remarque s’il vous plait.

-Hmph…

Personne n’était assez « comme moi » de toute façon. Je pouvais bien le leur pardonner, après tout. Que je sois unique n’était pas vraiment de leur faute après tout. 

Je tendis ma coupe, attendant avec une infime patience –assez rare soit dit en passant- qu’elle me serve, message qu’elle mit du temps à saisir. Ou alors elle fit semblant de ne pas saisir, ce qui risquait franchement de m’irriter.

-Et pour tout vous dire, je n’ai absolument rien à dire sur moi…A part que j’aime les combats de sumo ! Ça vous direz d’en voir un ensemble ? Un jour où vous êtes libre bien entendu… Je sais que vous êtes un homme très occupé.

Sourire innocent, comme je te hais… Elle voulait faire diversion à ce point ? J’attendis avant de boire la coupe, et mes lèvres se fendirent d’un sourire goguenard.

-Oh, tu veux un rendez-vous ? N’espère pas en tirer grand-chose. Comme tu l’as dit avec une surprenante lucidité, tu es un être insignifiant.

Ce n’était pas tout à fait vrai. D’abord parce qu’elle représentait un avantage sur le point de vue politique, et par cela même dans l’accomplissement de mes projets. Je ne pouvais pas juger l’outil d’une alliance entre mon clan et celui des Satsuma comme insignifiant.

-Tu es un insignifiant petit oiseau dans une cage à la fois trop grande pour lui et trop exigüe.

L’autre raison… je ne la connaissais pas encore. Satsuma Nataneko était excentrique, bavarde, inconsciente ; elle parlait sans réfléchir et elle passait son temps à se mettre dans le pétrin. Comme si être humaine ne suffisait pas ! Oui, elle était une humaine agaçante à bien des niveaux !

Je levais les yeux vers le plafond en soupirant lentement, buvant le contenu de la coupe. Seulement, quand je l’entendais parler, je me demandais pourquoi j’étais obligé de faire tout ça ; Passer des accords, me mêler aux affaires politiques des humains, et tuer aussi. C’était toujours à cet instant là que je me sentais vide.

Elle était le genre de personne qui s’amusait avec peu de choses, qui prenait la vie comme elle venait. Moi je ne m’amusais de rien, mis à part lorsque je croisais un adversaire à ma hauteur. Chose qui n’arrivait pas souvent, bien entendu. Que ce soit la voie des démons ou la voie du sabre, j’avais l’impression de survivre plus que de vivre vraiment.

-Très bien, allons voir un combat de sumo la prochaine fois. Tu peux sauter de joie et pleurer à mes pieds, si tu veux, je te donne l’autorisation.

Je posais ma coupe de saké sur le plateau, avant de lever mon regard vers celui de Satsuma Nataneko. Une idée amusante venait de me traverser l’esprit.

Je lui pris la bouteille des mains, mes doigts frôlant les siens, avant de servir le saké dans la coupe, satisfait au passage de la façon particulièrement élégante avec laquelle je servais.

-Puisque nous sommes fiancés, autant essayer de bien nous entendre, non ? Je vais donc te poser une question. Si la réponse est oui, tu bois. Si la réponse est non, c’est moi qui bois.

Je n’attendis pas de réponse. Ce n’était pas parce que j’avais posé deux questions que je laissais le choix à mon interlocutrice. C’était plutôt une façon de parler.

Et puis autant s’amuser puisque nous étions à Shimabara. Que cette soirée se passe agréablement, ce serait toujours mieux que de s’ennuyer.

-Tu voudrais t’enfuir de chez toi ? Echapper à tout ça : ton rang, tes devoirs. Tes obligations envers moi.  

J’avais laissé tomber ça sans émotions particulière. Nous n’avions jamais abordé le sujet, puisqu’il était rare que nous ayons des conversations sérieuses.

Si elle n’était pas née Satsuma, elle aurait pu être libre de choisir sa vie.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Dim 30 Juin - 12:27

-Oh, tu veux un rendez-vous ? N’espère pas en tirer grand-chose. Comme tu l’as dit avec une surprenante lucidité, tu es un être insignifiant.

Je penchai la tête de côté en faisant un air dépité… Il aurait pu au moins me contredire… Je ne savais jamais comment me comporter avec cet homme !

En passant, l’être insignifiant que j’étais avait fini sa brochette de dango… J’allais manger la sienne s’il continuait à parler… Ah, cette brochette m’appelait de sa voix sucrée ! « Viens ! Mange-moi et prend des formes misérable planche plate ! » Ah ! J’allais me venger !

-Tu es un insignifiant petit oiseau dans une cage à la fois trop grande pour lui et trop exigüe.

Je relevais mon regard vers lui et le fixai avec curiosité… Me comparer à un oiseau était à la fois blessant et… Toujours ce mot insignifiant ! Pauvre de moi ! J’allais me plaindre… à… Shiranui ? Euh…  Non… Et Amagiri me donnait l’impression qu’il allait me faire une leçon sur je ne sais quoi avant de s’occuper de mon problème…

D’ailleurs, il devrait être en ce moment ici, en train de gronder Kazama Chikage car il lève les yeux au ciel ! Et tout le monde sait que c’est mal poli ! Hum…Et il ne regardait même pas sa brochette…

-Très bien, allons voir un combat de sumo la prochaine fois. Tu peux sauter de joie et pleurer à mes pieds, si tu veux, je te donne l’autorisation.

Je levai un sourcil. Oh, il me donnait l’autorisation !  Je devrais peut-être aussi lui faire une offrande et l’appeler Kami~sama… Poser mon front contre le sol et ne plus le regarder dans les yeux même le toucher… Non mais… Depuis quand on donné ce genre d’autorisation ?! Et puis, je n’étais pas du genre à sauter de joie…
Je souris cependant comme une imbécile qui avait reçu un présent trop gros pour elle…

Il me prit la bouteille des mains et je levai mon regard vers lui… voleur de travail ! Pour une fois que je savais faire quelque chose de bien ! Il m’enlevait la bouteille !

-Puisque nous sommes fiancés, autant essayer de bien nous entendre, non ? Je vais donc te poser une question. Si la réponse est oui, tu bois. Si la réponse est non, c’est moi qui bois.

Je le regardais longuement… Puis je posai mon regard sur le verre… Si il voulait vraiment qu’on s’entende bien, autant me donner la coupe maintenant ….Sake ou pas Sake…Quelle était cette question ? Et pourquoi je devais y répondre par oui ou non ? Ah, c’était un piège ! Si je voulais boire, il fallait que je réponde oui ! Aaaah !

-D'accord…

Je posai mes mains sur mes jambes, le fixant en attendant une question piège…

-Tu voudrais t’enfuir de chez toi ? Echapper à tout ça : ton rang, tes devoirs. Tes obligations envers moi.  

Je le fixai intensément pendant quelques minutes, je sentis mon sourire disparaître et mes sourcils se froncer… M’enfuir de chez moi ? Pourquoi cette question, dans quel but la posait-il ?

-Chikage~san vous êtes tellement étrange ! M’exclamais-je trop fort sans le vouloir.

Je baissai la tête et me frottai le front, essayant vaguement de trouver une explication à cette question… Et pourquoi avoir mis le sake en jeu ? Je fixai mes jambes pendant quelques seconde avant de fermer les yeux et de me pincer l’arête du nez…tiens, j’avais pris cette habitude à quelqu’un d’autre… Je soupirai et me remis droite, fixant l’homme devant moi, ma curiosité était piquée.

-Pourquoi cette question ? Quel est l’intérêt pour vous d’avoir la réponse ?

Je me mis à jouer avec mon kimono d’emprunt, gloussant doucement.

-Pourquoi mettre la coupe de sake en jeu ? Surtout si je dis oui ? C’est juste pour but de vous amuser ou pour autre chose ?

Je finis par me pencher et d’attraper l’autre brochette de dango…punition pour cette question étrange ! D’ailleurs, que répondre à ça ?

-M’enfuir de chez moi ? Pour toujours ? Pour aller où ? Qu’est-ce qu’il y a dehors qui pourrait me pousser à partir ? Au moins, chez moi je suis en sécurité…

La peur de l’inconnue me poussait à rester… Je voulais partir sans réellement partir…Etrange émotion… Je levai les yeux vers Kazama, le regardant avec intérêt.

- Et si c’était à vous que cette question se posait ? Avez-vous envie de tout arrêter ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Dim 30 Juin - 18:56

-Chikage~san vous êtes tellement étrange !

Ce n’était pas vraiment le premier mot qui me venait à l’esprit pour me qualifier. J'aurais plutôt dit fort, puissant, exceptionnel, démoniaque, noble. Mais un démon aux yeux d’une humaine devait certainement paraître étrange. C’était certainement à cause de cette vision que nous avions été pourchassés par le passé. Quoique dans sa bouche à elle, cela ne sonnait pas de la même manière. De toute façon, elle ignorait ma véritable nature.

Je remarquais qu’elle semblait plus sérieuse à présent. Avais-je touché une corde sensible ou bien était-ce seulement parce qu’elle ne s’y attendait pas ?

-Pourquoi cette question ? Quel est l’intérêt pour vous d’avoir la réponse ?

Hmph… Je l’ignorais en réalité. J’avais simplement envie de savoir. Cela suffisait, non ?

-Pourquoi mettre la coupe de sake en jeu ? Surtout si je dis oui ? C’est juste pour but de vous amuser ou pour autre chose ?

Je soupirais, la considérant avec un bref sourire amusé.

-Tu ne sais vraiment pas répondre simplement aux questions ?

Elle piqua ma brochette et je fronçais les sourcils, très peu ravi qu’on me vole ma nourriture. Ce n’était pas poli, et subtiliser le bien d’un démon relevait réellement de l’imprudence.

-M’enfuir de chez moi ? Pour toujours ? Pour aller où ? Qu’est-ce qu’il y a dehors qui pourrait me pousser à partir ? Au moins, chez moi je suis en sécurité…

Elle avait peur donc. Ce monde qu’elle semblait admirer l’effrayait en réalité. Sûrement car elle ne le connaissait pas.

Je soutins son regard, sentant qu’elle allait me poser une question.

- Et si c’était à vous que cette question se posait ? Avez-vous envie de tout arrêter ?

Un sourire étira mes lèvres, tandis que je jouais avec la bouteille de saké, la faisant tourner entre mes doigts.

-Hmph ! Il me semble pourtant avoir posé la question en premier. As-tu donc envie de détourner le sujet à ce point ou est-ce parce que tu ne sais pas y répondre ?

Je lâchais la bouteille, récupérant ma brochette au passage avant qu’elle ne finisse tragiquement dans la bouche de cette demoiselle.

-Quoiqu’il en soit, j’ai des motivations qui font que je ne peux me poser ce genre de questions. Si je m’écarte de la voie qui est mienne, je serai désavoué par mes pairs. C’est aussi simple que ça.

Un soupir gagna mes lèvres. Je braquais mon regard dans le sien, adoptant un ton plus détendu tout en pointant la brochette vers elle. Je penchais légèrement la tête sur le côté pour l'observer.

-Ce que je te demande c’est si, derrière ton apparente jovialité, tu as réellement envie d’être une poupée comme on l’attend de toi.

Je ne savais pas pourquoi je lui posais la question. Je devrais m’en moquer, après tout, les choses étaient ainsi. Savoir ce que ressentait cette humaine ne me concernait pas, du moment que l’alliance avec le clan Satsuma perdurait. Pourtant, je cherchais à comprendre. Les humains étaient tellement prévisibles, mais elle je ne savais jamais à quoi elle pensait vraiment. Je devais être curieux de nature…

-Et en ce qui concerne la sécurité de ta demeure, tu seras bien obligée de la laisser derrière toi un jour, ne serait-ce qu’en m’épousant. Cela ne t’effraie pas ?

Je lui tendis la brochette avec un air emprunté, pour la lui donner. Comment ça j’étais compliqué ?!

-Je n’en voulais pas de toute façon, mais je n’aime pas qu’on me vole. Alors on va dire que je te la donne.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Jeu 18 Juil - 9:48

Je fixai la bouteille avec un froncement de sourcil, on ne joue pas avec la boisson !

-Hmph ! Il me semble pourtant avoir posé la question en premier. As-tu donc envie de détourner le sujet à ce point ou est-ce parce que tu ne sais pas y répondre ?

Il me vola la brochette que je lui avais volé et je fixai les dango d’un air désespéré, voilà que je n’avais plus rien à avoir sous la dent…
Et ce "Hmph" était très agaçant !

-Je ne détourne pas le sujet, je vous retourne la question, nuance !

-Quoiqu’il en soit, j’ai des motivations qui font que je ne peux me poser ce genre de questions. Si je m’écarte de la voie qui est mienne, je serai désavoué par mes pairs. C’est aussi simple que ça.

Oh, pauvre Chikage~san… Le voir soupirer était assez rare… Sauf quand je faisais une bêtise ou que je disais quelque chose… Non, ce n’était pas rare… il avait dû soupirer plusieurs fois le début de la conversation. Sauf que là il ne soupirait pas à cause de moi… Mais je lui avais posé sa question… Donc c’était en fait à cause de moi… Raaaaah ! Je m’embrouille !
Il tendit la brochette vers moi et j’hésitais à lever les bras en imaginant un « Les mains en l’air ! Je tiens la bouteille de Sake en otage ! » Héhé…

-Ce que je te demande c’est si, derrière ton apparente jovialité, tu as réellement envie d’être une poupée comme on l’attend de toi.

Changement brusque d’ambiance avec cette question, comment il voulait que je reste jovial en me comparant à un objet qu’on pouvait contrôler ! Je n’étais pas une poupée… Et on attendait quoi de moi ? Juste que je garde ma bouche fermée et que je reste calme dans la maison… Il n’y avait pas trop attentes trop importante, je ne portais pas de poids sur mes épaules moi…

-Et en ce qui concerne la sécurité de ta demeure, tu seras bien obligée de la laisser derrière toi un jour, ne serait-ce qu’en m’épousant. Cela ne t’effraie pas ?

Il me tendit la brochette et je le regardais d’un air suspicieux… Il me la donne vraiment ?

-Je n’en voulais pas de toute façon, mais je n’aime pas qu’on me vole. Alors on va dire que je te la donne.

Ah… Tout s’explique ! Je pris la brochette et la fixai…

-Vous êtes compliqué Chikage~san… Vous ne voulez pas me donner aussi le sake ? On sait jamais je pourrais aussi vous le voler…

Je mordis le premier dango avant de relever le visage vers la frimousse blonde…

-Et pour répondre à l’une de vos innombrables questions, je ne pense pas que j’aurais peur si j’étais avec vous… J’ai l’impression d’être invincible quand je suis à vos côtés car vous… Non, oubliez ce que je viens de dire ou j’allais devoir vous faire des éloges…

Je croquais dans le dango avec une certaine lenteur… Avant de me relever et de le pointer du bout de la brochette.

-Ah ! Vous n’avez pas répondu à ma question ! Pourquoi me demander tout ça ? Chikage~san, je ne sais jamais à quoi vous pensez ou comment vous allez réagir !

Je poser mon menton sur le dos de ma main, le pointant toujours d’un air accusateur.

-Bon, sauf quand on vous fait des compliments sur votre noble et puissante allure et votre suprême intelligence ruse ect… Dans ces cas-là vous affichez toujours un sourire satisfait !

Je fis tourner la brochette dans de grands cercles avant de soupirer.

-Par contre, j’aurais peur si je devais être toute seule dans un endroit qui m’est inconnue car je suis faible et que je ne pourrais pas me défendre en cas d’attaque s’il y a. Même si je pense que votre demeure est tellement imposante que personne ne doit s’approcher si facilement ou alors, ils doivent ressortir les cheveux blancs…. Dans tous les cas, oui, pauvre de moi, j’aurais peur et ça serait pareil pour tout le monde… Sauf vous surement car vous n’avez peur de rien ahahah !

Je posai la brochette et tendit à la place une coupe vide..

-J’ai répondu, Chikage~san, j’ai droit à une récompense ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 28 Oct - 18:53

-Vous êtes compliqué Chikage~san… Vous ne voulez pas me donner aussi le saké ? On sait jamais je pourrais aussi vous le voler…

Oui, j’étais compliqué, mais c’est parce que mon intelligence supérieure me soumettait à des réflexions complexes que les humains ne pouvaient entendre. Quant au saké, je le rapprochais jalousement de moi, avant de caresser le bord de la bouteille.

-Si tu tiens à ta petite main, je te conseille de la garder loin de la bouteille. Tu sais ce qu’on leur fait, aux voleurs ?

Quelques secondes s'écoulèrent seulement, avant qu'elle ne reprenne, ne s'attardant aucunement sur ma remarque :

-Et pour répondre à l’une de vos innombrables questions, je ne pense pas que j’aurais peur si j’étais avec vous… J’ai l’impression d’être invincible quand je suis à vos côtés car vous… Non, oubliez ce que je viens de dire ou j’allais devoir vous faire des éloges…

J’haussais un sourcil, curieux sans le vouloir. Ces compliments –bien qu’ils ne soient pas vraiment illégitimes- me surprenaient grandement, venant de Satsuma Nataneko, qui préférait généralement faire de l’humour. Je me demandais presque si elle était sérieuse, ce qui me déstabilisa malgré moi. Certains humains étaient décidément bien imprévisibles. Ou alors je commençais à me rouiller…

-Ah ! Vous n’avez pas répondu à ma question ! Pourquoi me demander tout ça ? Chikage~san, je ne sais jamais à quoi vous pensez ou comment vous allez réagir !

-Hmph !

Ce ne serait certainement pas drôle, dans le cas contraire. Et puis, j’étais un Oni.  En tout cas, pointer son interlocuteur avec une brochette n’était pas des plus polis.

Fixant le bâtonnet comme si j’allais le pulvériser du regard, je me servis une autre coupe.

-Bon, sauf quand on vous fait des compliments sur votre noble et puissante allure et votre suprême intelligence ruse etc… Dans ces cas-là vous affichez toujours un sourire satisfait !

Je fis disparaître le sourire satisfait qui avait fleuri sur mes lèvres. Ah, je devais bel et bien me rouiller, à force de rester près des humains, pour qu’elle l’ait remarqué. Horrible constatation. La décadence était proche…

-C’est faux, je ne peux pas être si prévisible, maugréais-je.

Loin de s’émouvoir de ces tourments intérieurs qu’elle n’entendait pas, Satsuma Nataneko poursuivit :

-Par contre, j’aurais peur si je devais être toute seule dans un endroit qui m’est inconnue car je suis faible et que je ne pourrais pas me défendre en cas d’attaque s’il y a. Même si je pense que votre demeure est tellement imposante que personne ne doit s’approcher si facilement ou alors, ils doivent ressortir les cheveux blancs…. Dans tous les cas, oui, pauvre de moi, j’aurais peur et ça serait pareil pour tout le monde… Sauf vous surement car vous n’avez peur de rien ahahah !

Cela n’avait rien de drôle. Elle venait d’avouer être faible, une démonstration remarquable de lucidité, pour une humaine. Mais il n’y avait pas de quoi se sentir heureux de cette constatation. Elle était encore plus insouciante que Shiranui, ce qui devrait sérieusement l’inquiéter.

L’humaine tendit sa coupe vide, et je laisser échapper un soupir. Quoi qu’il arrive, il semblerait qu’elle ne se démonte jamais. Quel drôle de caractère pour quelqu’un qui ne sait pas se défendre, et prend un malin plaisir à se fourrer dans tout un tas d’ennuis. Quand on est faible, on a au moins la décence de se faire tout petit. Ces humains, il fallait vraiment tout leur apprendre !

-J’ai répondu, Chikage~san, j’ai droit à une récompense ?

Je lui souris, tendant la bouteille vers sa coupe. Faire preuve de bonté ne pourrait pas me nuire, du moment que j’y avais recours seulement quelques fois. Je penchais la carafe légèrement, mais mon sourire se muta en un air narquois, tandis qu’une unique goutte s’écrasait dans le petit récipient. Un rire sardonique franchit mes lèvres, et je penchais la tête sur le côté.

-Savoure-la bien, il n’y en aura pas d’autres.

Je me servais abondamment, à mon tour, avant de trinquer sournoisement avec Satsuma Nataneko.

-Santé. Si tu es saoule, je te ramènerai chez toi, lançais-je, sans dissimuler l’ironie dans ma voix.

Etre saoule en ayant bu une seule goutte, il faudrait le faire tout de même. Quoique vu l’énergumène en face de moi, je devais m’attendre à tout.

-Pour te répondre, concernant ma demeure, ceux qui y pénètrent sans y être autorisés n’en ressortent pas avec les cheveux blancs. Ils n’en ressortent pas du tout, point.

Voilà qui devrait la rassurer sur ce sujet. Ou peut-être que non, mais cela n’avait aucune importance, puisque je ne cherchais pas à devenir un individu rassurant.

Quant aux cheveux blancs, sachant qu’il s’agissait de notre couleur capillaire naturelle, à nous autres Oni…

Je me levais, oubliant la bouteille, et me postais près de la fenêtre pour observer la rue. Portant la coupe à mes lèvres, je fixais le mouvement incessant de va et vient des passants, avant de reporter mon regard sur les arbres. Je me surpris soudainement à rire.

-Tu n’as aucune idée des secrets « terribles » dans lesquels tu vas pénétrer, sans le savoir. C’est assez drôle, quand on y pense. Enfin… de mon point de vue, pas du tiens.

A nouveau, je baissais le regard vers les promeneurs -dont certains n’étaient plus tout frais- les toisant brièvement, avant d’être attiré par des silhouettes, qui bougeaient avec beaucoup plus de précipitation. Leur trouble était palpable, et je n’eus pas grand peine à les reconnaître.

-Il semblerait que tes « gardiens » soient en train de te chercher. Je serais curieux de savoir combien de temps ils vont mettre avant de te trouver, petite humaine...

Je me rendis aussitôt compte que l’appeler « petite humaine » n’était peut-être pas l’idée la plus lumineuse que j’ai eu…

J’espérais qu’elle n’était pas perspicace, quoiqu’admettre le fait qu’il existe des créatures non humaines ne soit plus aussi évident qu’à une certaine époque. Sans compter sur le cerveau lent des humains et leur incroyable propension à ne jamais vouloir regarder la vérité en face.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 28 Oct - 21:36

Chikage se mit à sourire et je levai un sourcil en levant un peu plus la coupe, m’imaginant lui dire « Allez, vous pouvez le faire ! J’ai répondu à la question ! Sake ! »
Mes yeux suivirent la bouteille grise se pencher vers le verre, l’ouverture ou le liquide était légèrement illuminé par la lumière ambiante… Encore un peu plus….
La première goutte sortit et j’affichai un sourire de vainqueur avant de voir la bouteille partir du verre, alors que la seule goutte de sake glissait vers le centre..

Seule… Seule au monde dans cette coupe…

Le rire de l’homme devant moi me donna l’impression qu’on m’enfonçait des aiguilles d’acupuncture dans les oreilles à chaque « Ah » bien singulier sortant des lèvres de cet homme…  Je fixai mon verre avec une envie soudaine de pleurer… Au moins, mes larmes viendraient remplir le verre et se mélanger à  la goutte de sake…

-Savoure-la bien, il n’y en aura pas d’autres.

Je relevais mon regard vers la bouteille de sake qui vidait généreusement son liquide dans la coupe de Chikage… C’était de la torture à ce stade…  son verre s’approcha du mien et il trinqua...

-Santé. Si tu es saoule, je te ramènerai chez toi.

-Santé… dis-je avec un air abattue en regardant mon verre comme si c’était mon futur d’une soirée amusante qui s’envolait…

Je posai le verre sur le plateau devant moi en me retenant de soupirer comme si mon âme était en train de s’échapper de mes lèvres pour voler vers la nuit étoilée en criant « Sakeeee ! »

-Pour te répondre, concernant ma demeure, ceux qui y pénètrent sans y être autorisés n’en ressortent pas avec les cheveux blancs. Ils n’en ressortent pas du tout, point.

Je relevais mon regard vers lui et l’observait se relever, il se déplaça vers la fenêtre et regardait l’extérieur… C’était si dangereux chez lui ? Qu’est-ce qu’il y avait de caché à l’intérieur ? Ou plutôt qu’est-ce qui ne devait pas être su pour qu’il n’y est aucun survivant ?

Je baissai mes yeux en me posant mille et une question quand mon regard se porta sur la bouteille… Un regard rapide sur Kazama puis sur la bouteille… Kazama…Bouteille…
Mon sourire réapparut et je me penchai légèrement pour attraper l’objet ! Je pris mon verre de l’autre main et penchai la bouteille avec un rire intérieur ! Je l’aurais Mon verre de Sake !

-Tu n’as aucune idée des secrets « terribles » dans lesquels tu vas pénétrer, sans le savoir. C’est assez drôle, quand on y pense. Enfin… de mon point de vue, pas du tiens.

La bouteille gris se pencha, se mot verticalement mais rien ne sorti… Je la secouai de haut en bas en fronçant les sourcils. Je penchai la bouteille et regardais à l’intérieur… Rien… Rien…

J’étais maudite… Je posai la bouteille et gonflant les joues… Me demandant si je devais crier comme une enfant ou si je devais aller dans un coin pour montrer clairement que je boudais…

-Il semblerait que tes « gardiens » soient en train de te chercher. Je serais curieux de savoir combien de temps ils vont mettre avant de te trouver, petite humaine...

-Petite ?

Un de mes sourcils sursauta et j’étirai un rictus en me relevant, fixant la forme de Chikage et m’avançant vers lui. Je lui donnais un coup de pied dans le tibia. Je le pointais du doigt en le fixant dans les yeux.

-Je te maudis Kazama Chikage à avoir mon fantôme qui te poursuivra à chaque fois que tu auras du sake entre les mains ! Et aussi parce que je me suis fait mal aux orteils…

Je fis demi-tour sur moi-même et me rassit à ma place, étalant mes jambes et attrapant ma brochette de dango, croquant dans  le dernier dango en faisant rouler la bouteille à côté de moi.

-Ils n’ont aucune raison et aucune patience à fouiller toutes les bâtiments de Shimabara, ils vont juste vérifier les ruelles et demander peut-être aux passants s’ils n’ont pas vu une jeune fille -de taille normale- dans la ruelle ! Et que vont répondre les passants ? « Il n’y a que de ça, nous sommes à Shimabara ! »

La bouteille s’éloigna plus fort et tourna sur elle-même avant de s’arrêter trop loin de ma main. Je la fixai avec un petit sourire.

- Et après, mes gardiens comme vous les appelez si bien vont sortir de Shimabara pour fouiller les alentours. Je profiterais de ce moment-là pour repartir tranquillement par le chemin de la rivière, ne vous inquiétez pas, cela n’est question que d’un laps de temps très court. Ils sont du genre à me voir quand je suis devant le portail de la maison ou sur le chemin devant.

Je repliai une de mes jambes et me massai le pied et soupirant…

-Ah, ça fait vraiment mal… Comment vous faites quand vous vous battez ?! Kazama, vous êtes en pierre ou quoi ?

Je retournais mon regard vers lui et lui fit un sourire discret.

-Et dans l’histoire vous êtes celui qui est le plus à plaindre. Vous devriez parler de vos problèmes plus souvent !

Je fis glisser mon pied le long du tatami, bougeant mes orteils à travers ma chaussette.

-Je paris qu’au fond vous êtes soulagé de m’en avoir un peu raconté même si vous avez surement fait des sous-entendu que je n’ai pas compris… Désolé… Je ne suis pas très doué pour ça ou alors je le comprendrais que quand je serai dans mon futon…  

Je relevai mon menton pour désigner la fenêtre.

-Les chiens de garde se promènent toujours ?

J’allais enfin pouvoir le laisser tranquille si c’était le cas.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Mar 29 Oct - 13:10

-Petite ?

Je souris, avant de me prendre un coup dans le tibia, provoquant une légère sensation qui pourrait s’apparenter de loin à de la douleur. J’haussais un sourcil en me tournant vers le petit insecte, qui visiblement s’était fait mal au pied. Elle poursuivit néanmoins :

-Je te maudis Kazama Chikage à avoir mon fantôme qui te poursuivra à chaque fois que tu auras du saké entre les mains ! Et aussi parce que je me suis fait mal aux orteils…

-Ho, quelle terrible malédiction. Me voilà acculé dans mes derniers retranchements.

Je finis ma coupe  dans un même élan, tandis qu’elle retournait sagement s’asseoir avec une mine boudeuse.

-Ils n’ont aucune raison et aucune patience à fouiller toutes les bâtiments de Shimabara, ils vont juste vérifier les ruelles et demander peut-être aux passants s’ils n’ont pas vu une jeune fille -de taille normale- dans la ruelle ! Et que vont répondre les passants ? « Il n’y a que de ça, nous sommes à Shimabara ! ».

Quelle efficacité… Pas étonnant qu’elle leur échappe toujours.

 - Et après, mes gardiens comme vous les appelez si bien vont sortir de Shimabara pour fouiller les alentours. Je profiterais de ce moment-là pour repartir tranquillement par le chemin de la rivière, ne vous inquiétez pas, cela n’est question que d’un laps de temps très court. Ils sont du genre à me voir quand je suis devant le portail de la maison ou sur le chemin devant.

-Je ne m’inquiète pas, maugréais-je dans la barbe que je n’avais pas. Ne tire pas tes conclusions.

-Ah, ça fait vraiment mal… Comment vous faites quand vous vous battez ?! Kazama, vous êtes en pierre ou quoi ?

Je ne relevais pas, demeurant silencieux puisque, de toute évidence, cette question n’appelait pas de réponse. Finalement, je captais son regard et son léger sourire.

-Et dans l’histoire vous êtes celui qui est le plus à plaindre. Vous devriez parler de vos problèmes plus souvent !

-Je n’ai pas ton talent à parler autant…

-Je paris qu’au fond vous êtes soulagé de m’en avoir un peu raconté même si vous avez surement fait des sous-entendu que je n’ai pas compris… Désolée… Je ne suis pas très douée pour ça ou alors je le comprendrais que quand je serai dans mon futon…  

Peut-être avait-elle raison sur ce point. Est-ce que je ne cherchais pas à lui mettre la vérité sous le nez ? J’avais toujours été ainsi, et cela je le devais peut-être à ma nature d’Oni ; je voulais faire prendre conscience aux humains du chemin dans lequel ils s’engageaient. Bien souvent, je le faisais dans le but de les critiquer, voire de tourmenter leur esprit, parce que j’éprouve du mépris envers leur race. Dans le cas présent, je ne savais pas trop quelle raison me motivait à la placer face au réel. Peut-être que j’avais pitié d’elle. Peut-être pas. Ou alors j’estimais qu’elle pouvait connaître la vérité. Quelque part, je pense qu'il y avait surtout de ça.

Est-ce que j’étais vraiment soulagé ? Pas encore.

-Les chiens de garde se promènent toujours ?

Je jetais un œil à la fenêtre.

-Il semblerait. Quant à notre conversation, essaye d’abord de penser pour toi, avant de prétendre le faire pour moi. Tu as bien dit tout à l’heure que j’étais complexe.

Je n’avais pas envie qu’elle me perce à jour si facilement, d’où ma réponse quelque peu hautaine.

Soudain, les portes coulissantes s’ouvrirent, laissant apparaître plusieurs humains. Il semblerait que les « chiens de garde » aient été un peu plus intelligents que nous le supposions…

Leurs regards se braquèrent aussitôt sur Satsuma Nataneko. Ils dérivèrent ensuite vers moi, revenant sur l’humaine, puis de nouveau sur moi. Comme c’était lassant…

Soudain, la lumière s’alluma visiblement dans leur esprit, puisque l’un d’eux s’exclama :

-Mais vous êtes Kazama Chikage-san !

Je lui adressais une moue ennuyée, hochant simplement la tête, très légèrement. Je n’avais quand même pas besoin de me présenter ou d’affirmer mon identité.

Je n’étais pas surpris qu’ils me reconnaissent, puisque j’avais désormais l’habitude de côtoyer les Satsuma.

-Excusez notre intrusion, nous ne vous dérangerons pas longtemps. Nous sommes à la recherche de Satsuma Nataneko, l’auriez-vous vu par hasard ?

Mes lèvres s’étirèrent cyniquement. Mais quels idiots ! Ils ne l’avaient pas reconnu ! Sûrement à cause des habits qu’elle portait et de sa coiffure. Enfin, il fallait tout de même être sacrément stupide pour ne pas voir qu’il s’agissait d’elle…

-Vous avez perdu de vue ma fiancée ? Voilà qui est fâcheux…

-Nous avons questionné plusieurs passants, en leur demandant s’ils avaient aperçu une jeune fille, assez petite, et qui semble fragile…

-Hmph ! Il n’y a que de ça ; nous sommes à Shimabara !

-C’est exactement ce qu’ils m’ont tous répondu !

Je passais un doigt sur ma tempe, me demandant comment des gardes pouvaient avoir si peu de jugeote dans la tête.

Ils se dispersèrent finalement pour chercher, dans le même bâtiment, celle qui se trouvait sous leur nez. Une fois qu’ils quittèrent les lieux et se furent suffisamment éloignés, je me tournais vers Nataneko, m’asseyant de nouveau face à elle.

-Quelle misère : ils ne t’ont même pas reconnu. Je n’arrive pas à croire que je suis dans le même camp qu’eux… 


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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Lun 30 Déc - 18:23

Pendant que Monsieur regardais par la fenêtre, je me posai a question si je ne devais pas aller voir la vieille dame  pour demander de nouveau du sake… Et le boire avant d’entrer dans la pièce !
Quoi que, j’apporterai alors une bouteille vide et ça serait louche… Ah… Que faire ?

-Il semblerait. Quant à notre conversation, essaye d’abord de penser pour toi, avant de prétendre le faire pour moi. Tu as bien dit tout à l’heure que j’étais complexe.

-Un peu trop à mon goût.  Murmurais-je en fixant la bouteille vide.

Les portes s’ouvrirent dans un fracas et je me retournais, sentant tout mon sang s’échapper de mon visage en voyant les hommes Satsuma entrer…
Ils me regardèrent pendant que je les regardais avec un petit sourire tremblant sous le regard de Chikage~san…. Que vais-je faire ?
Leurs yeux allèrent fixer l’homme accoudé à la fenêtre et je fis de même en tentant d’envoyer un message télépathique à Kazama : Arrangez la situation !
Les hommes Satsuma refirent leurs numéro de fixation sur ma personne et celle du blond hautain et je me repris à retenir mon souffle en sentant mon cœur s’arrêter… ça y est, c’est la fin… Adieu liberté ! Je fermais les yeux en sentant le désespoir m’envahir.

-Mais vous êtes Kazama Chikage-san !

….
Hein ?
Pas de « Satsuma~sama ! » ni de « On l’a retrouvé ! »
….
J’ouvris avec inquiétude un œil avant d’ouvrir l’autre….  Les hommes étaient en effet tous en train de fixer Kazama, ne me regardant même pas…. Oh…

-Excusez notre intrusion, nous ne vous dérangerons pas longtemps. Nous sommes à la recherche de Satsuma Nataneko, l’auriez-vous vu par hasard ?

Je me retins de rire et baissai la tête en tentant de reculer doucement. Mission réussis, je pouvais devenir un ninja ! Je me collai contre un paravent, prenant un air des plus joyeux.

-Vous avez perdu de vue ma fiancée ? Voilà qui est fâcheux…

Celui qui semblait avoir un cerveau, le seul du groupe d’ailleurs. Ouvrit la bouche avant de la fermer, se rendant peut-être compte qu’il n’aurait pas dû dire ça à cette personne en particulier. Il reprit enfin ses esprits et ouvrit de nouveau la bouche.

-Nous avons questionné plusieurs passants, en leur demandant s’ils avaient aperçu une jeune fille, assez petite, et qui semble fragile…

Assez petite ? Je poussai un soupir avant de me reprendre. Un des hommes du groupe se tourna vers moi et me souris, je fis de même avant de baisser la tête comme pour le saluer.  

-Hmph ! Il n’y a que de ça ; nous sommes à Shimabara !

-C’est exactement ce qu’ils m’ont tous répondu !

Je pouffais légèrement de rire avant de mettre ma main devant ma bouche, essayant de reprendre un air normal….

Les hommes chuchotèrent entre eux et sortirent de la pièce, refermant derrière eux. Je retournais à ma place initiale et fis un grand sourire triomphant. Leurs bruits de pas, ressemblant plutôt à celui d’un troupeau, se dispersèrent et disparurent bientôt.

Je regardais Chikage~san s’assoir et étirais mon sourire plus que possible.

-Quelle misère : ils ne t’ont même pas reconnu. Je n’arrive pas à croire que je suis dans le même camp qu’eux…  

-Au moins, ils vous on reconnu. Imaginez s’ils avaient cru que vous étiez un ennemi ! On aurait peut-être pas perdues des lumières certes mais on aurait perdu des hommes loyaux..

Je me mis à être pensive en imaginant les dégâts.

-Bon… je ne sais pas ce qui est le pire dans l’histoire. Qu’ils ne me reconnaissent pas ou qu’ils ont dit que j’étais petite….. Je ne suis pas petite…

Mon sourire s’effaça en repensant à la scène et je fis un clin d’œil à l’homme devant moi.

-Bon, j’avoue que j’ai eu peur d’avoir été trouvée…  Mais gardez ça pour vous, c’est notre petit secret !


Je me relevais enfin, tenant de faire abstraction de la douleur au niveau de l’orteil victime du tibia de Kazama et tirai sur ce qui retenait mes cheveux en l’air depuis tout ce temps, soupirant de soulagement en sentant un poids en moins au-dessus de ma tête.

-Sur ce, je vais essayer de disparaitre de ce quartier qui n’est pas fait pour moi finalement.  J’ai passé une très bonne soirée Chikage~san, merci à vous !


Je passai les mains sur le kimono, me demandant si je pouvais le garder pour la peine… J’ouvris le shoji et regardais des deux côtés avant de prendre une grande respiration… Maintenant que je devais partir, je n’avais pas envie… C’était amusant et peu compliqué de rester avec Chikage ~san et de lui parler mais j’avais passé une bonne soirée en gros…

-Bon, j’y vais…

Je le regardais du coin de l’œil, il allait vraiment me laisser partir comme ça ? Sans… Sans me proposer de m’accompagner ? Je mis un pied dans le couloir.

-J’y vais pour de bon… Bonne soirée…

L’autre pied suivit, alors que je fis un pas dans le couloir, lui devait être toujours à la même place. Rustre…  Je poussai un gros soupir remplit de sous-entendu.

-Ah, je me demande si je vais retrouver le chemin de ma maison sans aide….

Je mis ma tête dans l’ouverture de la pièce.

-Ou si je me fais agresser, moi qui suis sans défense, faible humaine ! Pauvre de moi !

Je fronçais les sourcils et marchais dans le couloir, prenant un air énervé tout en enlevant les attirails un peu trop lourd de ma tenue. Je pris un petit couloir et arrivais devant un petit porche. Je mis mes geta rapidement et posai les attributs sur une petite table. Je demanderai a une servante de rendre ce kimono demain et de récupérer le mien par la même occasion.

Je sortis et clignais des yeux devant les lumières de la ruelle, le bruit des passants encore présent me fit regretter le calme de la maison… Si seulement je pouvais y être dans la seconde qui y était… Je commençais à marcher, me demandant brusquement par où était la sortie…  J’enroulais une mèche autour de mon doigt, baillant doucement avant de regarder autour de moi.

-Idiot de Chikage~san…


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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Jeu 20 Mar - 11:34

-Au moins, ils vous on reconnu. Imaginez s’ils avaient cru que vous étiez un ennemi ! On aurait peut-être pas perdu des lumières certes mais on aurait perdu des hommes loyaux..

Il n’y avait aucun risque pour que ces idiots oublient une personne telle que moi ! Un Oni de sang-pur, fier et noble, puissant et terrible, on n’en rencontrait qu’un dans toute sa vie. Surtout une misérable et si brève vie d’humain.

J’écoutais d’un air amusé le curieux questionnement de Nataneko. Elle semblait vraiment complexée par sa taille. Pourtant, la taille n’était rien. Elle ne forgeait pas la valeur d’un être humain… si tant est qu’un être humain ait de la valeur, bien entendu.

-Bon, j’avoue que j’ai eu peur d’avoir été trouvée…  Mais gardez ça pour vous, c’est notre petit secret !

-Je ne dirais pas un mot, lui dis-je, tandis qu’elle détruisait le chignon qui avait pourtant été si habilement coiffé.

J’en concluais qu’elle s’apprêtait à partir, une décision si raisonnable que je me demandais vraiment si elle l’avait eu toute seule. Puisque personne d’autre ne se trouvait dans la pièce, je supposais que c’était bien le cas aussi incroyable que cela puisse paraître. A moins que ma présence ne lui ait donné cette inspiration divine.
Bref, j’allais donc boire seul. Contrairement à Shiranui, cela ne me dérangeait pas car j’avais peu l’occasion d’apprécier le saké sans parasite tout autour. Quoiqu’en l’occurrence, malgré les idiots qui étaient entrés quelques minutes auparavant, Satsuma Nataneko ne m’ait pas dérangé autant que je ne l’imaginais. Je dirais même que la soirée était divertissante, presque amusante.

-Sur ce, je vais essayer de disparaitre de ce quartier qui n’est pas fait pour moi finalement.  J’ai passé une très bonne soirée Chikage~san, merci à vous !

Je lui adressais un signe de tête, ne sachant pas quoi dire d’autre. Je n’étais pas doué pour les au revoir, dès lors que je n’avais pas à disparaître théâtralement dans les airs. En vérité, je n’étais pas doué pour grand-chose en ce qui concernait la communication avec les humains. Personne n’était parfait, après tout.

-Bon, j’y vais…

-Oui, je vois ça, répliquais-je avec ironie, sentant bien qu’elle retardait l’heure de sortie.

Elle me jeta un œil et je me bornais à la fixer, avant d’hausser un sourcil. Un léger sourire sardonique vint étirer mes lèvres, alors que je finissais ma coupe. Du coin de l’œil, je vis l’humaine esquisser simplement un pas dans le couloir.

-J’y vais pour de bon… Bonne soirée…

-Bonne soirée, Satsuma Nataneko.

Je n’avais pas bougé d’un pouce, le regard fixé sur la fenêtre. Je sentais toujours la présence de Nataneko, comme un léger parfum sucré qui venait rompre la fraîcheur de la nuit. Son gros soupir, quant à lui, brisa le silence, mais je l’ignorais tout simplement.

-Ah, je me demande si je vais retrouver le chemin de ma maison sans aide…

Je me gardais de rétorquer que si elle avait bien trouvé l’entrée de Shimabara, elle n’aurait aucun mal à en trouver la sortie. Déjà, elle reprenait son numéro de comédienne de rue.

-Ou si je me fais agresser, moi qui suis sans défense, faible humaine ! Pauvre de moi !

-Petite comme tu es, tu devrais arriver à passer inaperçu…

Un rire grave s’échappa de ma gorge, tandis que retentissait son pas furieux. Reposant la coupe sur le plateau, je disparus soudainement, après avoir pris soin de vérifier que personne ne se trouvait aux alentours. L’air me portait dans la nuit sombre, tandis qu’un parfum familier effleurait mes narines. Je me posais sur le toit pentu d’une maison, dardant mes yeux sur la foule. Je repérais une silhouette féminine, hésitante et un sourire vint rompre mon masque habituel. Je ne fis rien dans un premier temps, me bornant à observer ce personnage étrange qui pourrait passer inaperçu au regard des passants, mais accaparait pourtant le mien. Comment pouvait-on manquer autant d’élégance ? Elle cherchait son chemin comme une paysanne égarée dans une ville trop grande pour elle. Je me surpris à rire, amusé de la voir aussi perdue. Finalement, je m’évaporais de nouveau dans le vent, pour réapparaitre, ni vu ni connu, derrière la demoiselle qui ronchonnait :

-Idiot de Chikage-san…

Comme si j’étais là depuis le début, je soufflais d’un ton étonnement taquin :

-C’est malpoli d’insulter un noble allié de sa famille, qui plus est lorsqu’on lui est fiancé. Tu manque de manières au point que cela en devient affligeant.

Je claquais des doigts devant ses yeux, avant de lui faire signe de me suivre :

-Où est-ce que tu regarde ? Ta demeure se trouve par là. Suis-moi et ne t’éloigne pas. Je pourrais te retrouver facilement, mais je préfère éviter d’avoir à te chercher.

Je m’enfonçais dans la rue parmi la foule de personne, n’ayant aucune difficulté à progresser. Seulement, à peine dix pas plus loin, je remarquais en jetant un coup d’œil en arrière que Satsuma Nataneko se noyait dans la masse. Les humains grouillant dans les allées telles de fourmis ne faisaient attention à rien. Je claquais sèchement la langue, avant d’attraper sa main et de la tirer à ma suite.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Ven 4 Avr - 19:33

-C’est malpoli d’insulter un noble allié de sa famille, qui plus est lorsqu’on lui est fiancé. Tu manque de manières au point que cela en devient affligeant.

Je me retournais rapidement et le fixai avec de grands yeux… Comment ? Comment avait-il fait pour me suivre ? Il y a encore quelques minutes, il sirotait son sake d’un air hautain ! Avait-il emprunté un chemin bien spécial ? Était-il passé par la fenêtre ? Cet homme... Chikage~san était un ninja ! Un ninja pas très discret d’ailleurs, sa tête blonde devait se détacher de toutes les autres. Et puis, il lui manquait le côté silencieux et humble de lui-même… Et on voyait son visage, il lui manquait aussi le bandeau… Et la tenue aussi… Les kimonos ne devaient pas être très adéquats aux balades sur les toits et les grands sauts…

Je clignais des paupières en reculant mon visage quand il claqua des doigts… Il fallait arrêter de croire que j’avais la tête dans les nuages !

-Où est-ce que tu regardes ? Ta demeure se trouve par là. Suis-moi et ne t’éloigne pas. Je pourrais te retrouver facilement, mais je préfère éviter d’avoir à te chercher.

Je le regardais avancer en soupirant, fixant son kimono avant de tourner la tête vers un homme qui venait de me bousculer. Aucun respect les hommes…

-Je regarde où je veux ! Et je savais très bien où j’allais ! Dis-je à son encontre avant de comprendre que j’étais parti vers la droite…

Je me mis sur la pointe des pieds et fixai la tête familière de l’héritier Kazama, tendant d’enlever les distances qui s’était malgré moi créées.

-Chikage~san, attendez moi !

Attendez-moi, la foule m’emporte comme un petit roseau dans un ruisseau.
Oh, c’était joliment dit ça ! Non, ce n’était pas le moment de faire de la poésie !
Je tendis ma main vers le dos de Chikage~san qui me semblait bien lointain. Même s’il avait dit qu’il me retrouverait facilement, ce n’était pas forcément possible, on était humain après tout ! Autant, il n’avait même pas compris que j’étais en difficulté… Et puis, autant Chikage~san avait menti et il me retrouverait pas…

Alors que j’avais décidais de clamer haut et fort tout cela, une main s’approcha et me prit la main avec une tel élégance que mon petit doigt se retrouva écraser contre son voisin. Si je rougis rapidement à cause de ce geste, j’essayais de reprendre contenance en voyant le visage familier.
Je fixai Chikage~san avant de sourire, l’étirant davantage en décidant de me moquer de son geste.

-Chikage~san, si vous vouliez vraiment prendre ma main, il fallait me le dire vous savez.

Je ris un peu avant de glisser mes doigts entre les siens, là comme ça c’était beaucoup moins douloureux pour mon auriculaire qui pouvait faire la rencontre de celui de Chikage~san.

-Oh, vous avez une grande main en fait… J’avais jamais fait vraiment attention… Je suppose que c’est pratique pour tenir votre katana… Ah ! En plus vous le tenez à une main non ? C’est impressionnant je suppose, je vous ai jamais vu vous battre… Je crois…

Je me mis à réfléchir avant de me rappeler de ce qui c’était passé avant que je sois

-Ah, Chikage~san, c’est vous qui êtes malpoli ! Écouter ce que dise les gens, ça ne se fait pas. La curiosité est une mauvaise chose et puis… Comment vous avez fait pour venir aussi rapidement ? Et pourquoi ?

Je baissai la tête de côté, regardant l’herbe grasse se mêler aux graviers. Je plissai les lèvres, je me retrouvais sans le vouloir à le remercier souvent… J’étais si maladroite que ça ?

-Merci… Mais ne montez pas sur vos grands chevaux ! La prochaine fois, c’est moi qui vais vous aider !

Même si je ne sais pas encore comment ni pour quelles raisons…

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   Dim 6 Avr - 20:15

« Chikage-san, si vous vouliez vraiment prendre ma main, il fallait me le dire vous savez. »

Je soupirais faiblement. Si je commençais à me formaliser de ça, je n’avais pas fini. Je détournais le regard, fixant la foule pour ainsi mieux l’éviter. Il y avait trop d’humains…

« Tais-toi un peu et marche. »

Je sentis ses doigts se glisser entre les miens et, attiré par ce contact, je jetais un œil à nos mains. Je n’avais pas l’habitude de tenir quelqu’un comme cela ; ce serait d’ailleurs un peu étrange et complètement hors propos. Je compris d’instinct que je lui avais peut-être fais mal, mais encore moins que tenir la main à quelqu’un, je ne savais pas m’excuser correctement. Je me contentais donc de regarder, avec un air un peu idiot, certes ; une fois n’était pas coutume.

« Oh, vous avez une grande main en fait… J’avais jamais fait vraiment attention… Je suppose que c’est pratique pour tenir votre katana… Ah ! En plus vous le tenez à une main non ? C’est impressionnant je suppose, je vous ai jamais vu vous battre… Je crois… »

Ha ! Bien sûr que c’était impressionnant ! Je n’étais pas n’importe quel samouraï qui n’en a que le titre ! Le sang des Onis qui coulait dans mes veines me rendait plus fort qu’un humain ordinaire. Je tâchais toutefois de leur « ressembler » pour ne pas éveiller les soupçons sur ma nature véritable. Ainsi, je ne me battais pas avec toute la force dont j’étais capable ; je restreignais volontairement mes capacités. Mais bien sûr, je n’allais pas dire ça à la fille du clan Satsuma.

« Ah, Chikage-san, c’est vous qui êtes malpoli ! Écouter ce que disent les gens, ça ne se fait pas. La curiosité est une mauvaise chose et puis… Comment vous avez fait pour venir aussi rapidement ? Et pourquoi ? »

« Tu poses beaucoup de questions et après c’est moi qui suis curieux », soupirais-je, sentant que j’allais avoir du mal à éviter lesdites questions.

« Merci… Mais ne montez pas sur vos grands chevaux ! La prochaine fois, c’est moi qui vais vous aider ! »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me mis à rire. Je riais rarement, du moins en dehors des provocations et sarcasmes qui m’étaient en revanche coutumiers. Non pas que je ne sois pas sensible à l’humour, mais les vannes des soldats me laissaient de marbre. Seul Shiranui m’arrachait parfois un sourire et encore, il fallait qu’il insiste vraiment. On en avait rapidement conclu qu’en plus de ne pas me montrer très loquace, je ne riais pas non plus.
Je ne m’étais pas attendu à cette réplique et la façon dont elle pourrait m’aider m’était bien inconnue.

« Hmph ! Tu m’as l’air bien sûre de toi », dis-je sans cesser de sourire.

Je repris pourtant très vite une attitude normale ; en tout cas, ce que moi j’appelais une attitude normale, c’est-à-dire mon expression détachée, que certains qualifiaient d’hautaine et que je nommais plutôt « réaliste ».

« En ce qui concerne tes questions : je suis juste plus rapide que toi, ce qui n’est guère difficile vu le temps que tu as mis à partir. »

C’est tout ce que je pouvais lui répondre. Prendre le risque de lui révéler ma véritable nature serait un geste inconsidéré et même si j’avais la réputation d’agir parfois inconsciemment, je n’étais pas fou à ce point. Non, je n’étais pas fou du tout. Satsuma Nataneko était une humaine et les humains méprisaient les Onis. Combien de temps avant qu’elle n’aille tout dévoiler aux siens et ne foute en l’air tous mes plans ? C’était la grande question, mais elle n’avait que peu d’intérêt car le résultat serait le même. Je n’avais pas encore décidé du fait de lui apprendre un jour la vérité ou jamais. Après tout, nous n’étions pas mariés aussi pensais-je toujours que j’avais le temps d’y réfléchir. Pourtant, ce n’était pas vrai. Tout lui dire serait plus commode pour elle, et paradoxalement plus terrifiant. Elle comprendrait certaines choses, mais elle en aurait certainement peur. Cela reviendrait aussi à laisser une chance à un humain, mais cela n’entrait pas dans ma ligne de conduite ; je ne laissais jamais de chances aux humains parce qu’ils ne faisaient que les gaspiller.

Ne rien lui dire serait à la fois pratique pour moi, mais contraignant. Les miens ne voyaient pas d’un bon œil cette alliance. Seul Amagiri en saisissait tous les enjeux, et pour Shiranui il s’agissait d’une occasion de plus de se payer ma tête. Les autres demeuraient hostiles. Bien sûr, je ne pouvais que les comprendre. Un mariage avec une Oni de sang-pur aurait été l’idéal pour assurer une descendance digne de ce nom. La lignée démoniaque s’affaiblissait à travers les siècles. Mais avais-je réellement le choix ? Les Onis qui étaient mes partisans oubliaient qu’en ayant unifié les clans de l’ouest, j’avais désormais plus de domaines à gérer. Mon statut, je le devais aux Satsuma, bien que cela me coûte de le dire. Ils représentaient ma chance de pouvoir restaurer une lignée qui s’éteignait. De toute façon, ils pouvaient me reprocher cette alliance s’ils le souhaitaient, leur avis ne m’intéressait pas.

« Je suis simplement venu pour m’assurer que tu rentres chez toi en un seul morceau. Ne me remercie pas, cela va devenir une habitude. »

Nous fîmes quelques pas en silence, une occasion bien rare avec cette humaine si bavarde. Du moins, elle était bavarde pour moi qui étais peu habitué aux longues conversations. Finalement, ironie du sort, je brisais le silence alors que nous nous enfoncions dans les ruelles, en direction de la demeure de l’humaine. Je jetais un coup d’œil vers cette dernière.

« Les affrontements entre ton clan et les partisans du Shogun se feront certainement violents dans un avenir proche. Tu devras être plus prudente. »

Je n’ajoutais rien de plus car l’essentiel était dit. Son père et les siens, ainsi que moi-même, Amagiri et Shiranui, allions devoir confronter nos lames à nos opposants. Cela viendrait rapidement. La vie aussi du clan ne serait sans doute plus la même. Elle ne pourrait plus sortir avec la même naïveté qu’en ce jour.
Je lui lâchais la main sans brusquerie, car la foule était loin derrière nous ; elle ne risquait plus de se perdre… du moins, je l’espérais, il ne fallait pas exagérer non plus.

« Les Satsuma trouveraient inconvenant que nous nous tenions par la main. »

Certaines valeurs restaient ancrées dans les familles, surtout de ce rang. Moi-même j’appartenais à une vieille tradition, qui se perdait au fil du temps.

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MessageSujet: Re: Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)   

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Une rencontre, même fortuite, n'est jamais le fruit du hasard. (Pv Kazama)

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